Il est des saisons comme ça… Le Fréjus Var Volley, déjà sans son capitaine Jean-Philippe Sol, et perdant à la fin du 2e set son attaquant Théo Conré (entorse), s’est incliné ce samedi 12-15 au tie-break, non sans avoir brillamment enlevé les deux manches inaugurales face au dauphin de Martigues, précisément tombeur des Avatiques la semaine dernière.
Il est des saisons comme ça… « Il faut se dire qu’on mange notre pain noir », reconnaissait d’ailleurs après coup Olivier Conte, le trésorier du club varois.

L’ENTORSE DE CONRÉ, MAUVAISE DONNE
Aux blessures de Melvin Ebagne (sans doute out pour le reste de la saison), de Malco Ghio (staphylocoque), de Jean-Philippe Sol (bursite à la hanche, en récidive à Cambrai il y a huit jours), aux maux traditionnels de l’hiver (Jaylen Jasper contre Nancy, Cédric Da Silva à Cambrai) frappant la quasi-totalité de l’effectif, est venue s’ajouter une entorse à la cheville contractée par Théo Conré à la fin du 2e set. « Et encore, heureusement que j’avais la chevillère car je l’ai bien sentie tourner », confiait l’ancien Ajaccien.
À cet instant de la partie, Fréjus tenait son match. « Je pense qu’à ce moment, on était même partis pour leur mettre 3-0 », avançait Loïc Geiler. Emmenés par un Malo Foncarnier en transe (14 pts dans ces deux premiers sets, 25 au total), servis par un Cédric Da Silva inspiré, poussés par un Théo Conré en verve (6 points) et un Nathan Steffen plutôt à l’aise dans son premier costume de titulaire, les Varois jouaient dans le bon tempo. Respectant le tableau de marche et gênant les points forts charentais (service-récep’ et centre), Fréjus menait les débats, laissant passer les coups durs (13-11 puis 13-16 et 15-17) avant de hausser le ton (7-0 et 22-18) pour empocher le set initial (25-21).


FRÉJUS RETROUVÉ…
On semblait avoir retrouver le Fréjus du début de saison, celui qui laissait passer les coups sans se prendre la tête (14-11 puis 15-17), avant là encore de dominer le money time (égalité à 22 avant une 2e set à 25-22).
Si le pointu royanais Cheikh Diop tenait son rang, l’ailier Martin Lallemend était tenu à six petits points, eux qui figurent aux 4e et 5e rangs des meilleurs marqueurs du championnat. Quant au block charentais, lui aussi était tenu à la raison (3 vs 5).
Oui mais en volley, il faut gagner a minima trois sets pour s’imposer. Dans les manches 3 et 4, les Varois passés en position de chasseurs, jamais bien loin mais jamais très près, voyaient s’inverser la dynamique. « C’est vraiment dans la tête, martelait Loïc Geiler, on devient moins efficaces et il manque ce petit degré d’intensité et de révolte. »
« Sur la physionomie du match, c’est rageant même si on prend un point au final contre le 2e. Royan cette année n’est pas n’importe quelle équipe », avouait Raphaël Attié, capitaine d’un soir, pendant que Cédric Da Silva regrettait « le manque d’impact, notamment au service », du coup engendré par la blessure et l’arrêt de Théo, « leur laissant des réceptions plus faciles à relancer vers leurs attaquants, et nous obligeant pour notre part à prendre des risques différents ».

… PUIS FRÉJUS REPERDU !
Lallemend lançait la révolte des Pirates en inscrivant les quatre premiers points des siens dans le 3e set et même avec une équipe elle aussi amoindrie par les petits pépins physiques – « Martin est un peu bloqué du dos, moi-même j’ai des soucis au dos avec plusieurs, Gauthier (Bonnefoy, Ndlr) avait un problème à une cuisse », expliquait un Julien Bernard finalement resté sur le banc, lui l’ancien Fréjusien (2019-2020) toujours « ravi de revenir ici même si je n’y avais jamais gagné je crois » – et Royan grignotait petit à petit son retard (25-20 malgré un rapproché adverse à 20-21).
Court au centre, avec un Brégent pas dans le match et malgré un Nathan Steffen jouant crânement sa chance (7 points, 4 blocks, un ace), Fréjus encaissait un 5-0 pour porter la marque à 12-20.
LE CFC PREND LES COMMANDES !
Loïc Geiler lançait alors ses jeunes – d’abord le jeune central Mathis Romany pour sa grande première en Ligue B, puis Arthur Sentenac, et enfin Célestin Bergeron. Tout cela aux côtés de joueurs comme Malco Ghio et Malo Foncarnier, quasiment passés du CFC à un rôle de titulaire à leur postes respectifs, et d’un Jaylen Jasper soudainement devenu un ancien. Et un peu plus encore lorsque Nathan Steffen suppléera son libero.
Peu d’équipes en France peuvent à coup sûr lancer autant de jeunes de son CFC, quand bien cela se fait davantage pour proposer du temps de jeu et de l’expérience aux jeunes que tenter un incroyable come back dans un set 4 déjà perdu (16-25).

CE NE SONT PAS LES PIRATES
QUI SONT LES PLUS BORGNES
C’est donc au set décisif – le premier de la saison pour les Fréjusiens… en championnat – qu’allait se jouer cette confrontation. Peut-être même un peu plus à 8-9, avec une action qui allait une nouvelle fois montrer les limites du corps arbitral. Cédric Da Silva se voyait « bloqué sur une passe », geste interdit, qui sauta aux yeux de tout le monde… hors la paire des deux arbitres ! Ne peut pas être Pirates qui veut, mais borgne oui, en tout cas les deux directeurs de jeu. Une nouvelle injustice – après celle observée contre Nancy – qui n’aurait peut-être pas inverser l’issue de la rencontre mais qui eut son incidence.
« Pas sur nous, assurait Julien Bernard. Même si ce point litigieux avait ramené les Fréjusiens à égalité à 9, nous étions sur une meilleure dynamique. En revanche, eux ont lâché après coup… »
La seule réelle satisfaction aura été la titularisation en place de David Mexson de Nathan Steffen. Un jeune récompensé de sa patience – il n’avait pu être conventionné au Centre de formation l’année passée mais, promesse lui en avait été faite au regard de son travail dans les rangs du CFC et durant les entraînements de l’équipe pro. « C’était important de sortir un bon match pour ma première titularisation. J’étais bien entouré et encouragé, avec des coéquipiers qui m’ont énormément aidé. Même s’il y a défaite au bout aujourd’hui, le fait de rester au club l’an dernier n’aura pas été du temps perdu, mais du temps bien investi. »
PREMIER SUCCèS CONTRE RENNES ?
De leur côté, les Royanais auront eu le mérite d’y croire jusqu’au bout, surfant sur la bonne wibe qui les transporte actuellement.
Pour Fréjus, il s’agit avant tout de soigner les blessés, ceux touchés physiquement mais également dans la tête, pour aller décrocher enfin une première victoire contre Rennes, prochain match à domiciles dès la 17e journée pour le dernier samedi de ce long mois de janvier décidément très déprimant…





