Si l’on ne saurait dire le nombre de matches que Jean-Philippe Sol aura disputés tout au long de sa carrière, au moins sait-on que celle-ci se sera étirée au long de 22 saisons – la 23e, lors de sa première expérience à l’étranger à Francfort, aura été avortée en raison du Covid début 2020. Commencée au CNVB (Centre national du volley-ball) en 2003, elle aura trouvé son terme en cette mi-mai, après trois dernières au sein du Fréjus Var Volley, où il avait retrouvé un coach (Loïc Geiler), côtoyé deux saisons en tant que joueur du côté de Montpellier (2006-2008).

À FRÉJUS POUR FINIR DOUCEMENT…
MAIS PAS EN PRÉRETRAITE
Cette carrière en fait, elle aurait pu se clôturer deux années plus tôt, au terme d’une saison dans l’est-Var où Pej’ – c’est son surnom, « Jean-Philippe, donc Jipé, à l’envers Pej’, c’est parti comme ça, en sport-études », explique-t-il – avait particulièrement souffert du… sol en béton qui servait alors de parquet. Quelque part, il avait même “conditionné“ la poursuite de son aventure avec Fréjus à l’effort consenti par la municipalité de doter Sainte-Croix d’un Taraflex® enfin digne de l’antichambre de l’élite. Hasard, relation de cause à effet, le FVV connut une saison 2024-2025 de rêve, sans aucun pépin physique et conclue par la finale dont tout le monde parle encore perdue au Golden Set en terre ajaccienne.
Mais, dès son arrivée dans le club de la cité romaine, “Pej’“ se savait proche de la fin de l’aventure. « Je ne vais pas dire que je venais en préretraite, car ce n’était pas le cas, mais déjà, c’était dans l’idée de finir doucement, de ne pas être contraint par les sacrifices qu’impose le haut niveau. »
Et cette saison était « la dernière, je l’avais dit dès le début de saison. Et je n’ai vraiment aucun regret, d’autant que cette saison a été compliquée pour moi d’un point de vue physique, avec cette bursite à la hanche qui n’a jamais réellement disparu. Ces derniers mois, je m’entraînais différemment, sans forcer sur les sauts pour essayer de tenir sur les matches. Mais plus ceux-ci duraient, plus c’était douloureux et difficile ».

USÉ PHYSIQUEMENT ET MENTALEMENT
Même si l’on met cette blessure de côté, un « sentiment de ras-le-bol aura prédominé » aussi, confortant Pej’ dans cette volonté de dire stop. « Il faut bien tourner la page, j’ai suffisamment donné au volley, surtout à un poste (central, Ndlr) très exigeant physiquement et plutôt dans l’ombre. Place aux jeunes maintenant. »
Le volley pourtant, Pej’ ne s’y destinait pas forcément. « En fait, je voulais faire du sport à un niveau professionnel. C’était cela mon ambition. » Un rêve qu’il aurait davantage aimé voir se concrétiser en qualité de footballeur, sport longtemps pratiqué avant. « J’étais grand, donc on m’avait mis dans les buts. Mais ç’aurait pu être le basket aussi, de par cette morphologie justement. »
VOLLEY OU OCCITAN…
Le volley, Pej’ y a goûté au collège du Carladez de Mur-de-Barrez, à la “frontière“ entre Cantal et Aveyron, non loin d’Aurillac, sa ville natale. « Ils avaient mis en place une section sportive, il fallait choisir entre latin, occitan et volley, j’ai pris Volley. Et latin… Ensuite, un pharmacien a monté un club, le VC du Carladez (à Raulhac, à 10’ de Mur-de-Barrez). »

Sa grande carcasse (1,98 m) ne manquera pas d’attirer certains regards, ceux du Pôle Espoirs de Montpellier entre autres. De quoi se dire à cet instant qu’il y « avait peut-être potentiellement une carrière pro qui pouvait s’ouvrir à moi en volley ». Et, en conséquence, de concrétiser ce rêve d’enfant de devenir un sportif professionnel.
Par la suite, « je pense que j’ai mené une belle carrière, qui m’a apporté beaucoup. Je ne suis peut-être pas de ces joueurs qui restent fidèles toute une carrière à un même club. Il y a eu des moments où il fallait aussi que je change pour aller chercher d’autres niveaux. Puis, il y a des hauts, des bas » inhérents à une double décennie sur les parquets, « des saisons qui se sont plus ou moins bien passées, c’est selon ».
PRÈS DE 100 SÉLECTIONS NATIONALES
ET UNE MÉDAILLE D’ARGENT EUROPÉENNE
Une carrière qui l’aura mené à défendre avec honneur les couleurs de la sélection tricolore. À 97 reprises et, en point d’orgue, « le titre de vice-champion d’Europe 2009, le résultat le plus significatif. On était un peu entre deux générations, une qui avait “perfé“ sur les championnats du monde (3e en 2002), la finale de la Ligue mondiale (2006), puis l’ère Laurent Tillie » ensuite, celle qui allait devenir la Team Yavbou des Toniutti, N’Gapeth, Grebennikov, Kevin Tillie… avec tous les succès que l’on sait ! « Une génération que l’on attendait car ils avaient beaucoup gagné en sélections jeunes, constituant un très gros noyau fort. »
Après avoir vu l’étranger, en Allemagne et Israël, Pej’ reviendra en France, signant à Saint-Nazaire en qualité de joker médical (mars 2022) pour pallier l’absence sur blessure de Kevin Rodriguez. Bien lui en prit puisque le SNVBA remportera la phase régulière, le titre de Ligue B et accédera à l’élite.

Mais « la Ligue A, on ne l’a fait pas à moitié. Je n’avais pas envie d’être un boulet, c’est pour cette raison que je suis venu ici après la saison en Ligue A avec Saint-Nazaire. Il y a la vie de famille à côté aussi qui entre en ligne de compte, je venais d’être papa, c’est pourquoi mon choix s’est porté sur Fréjus ».
Pej’ apportera son expérience, son vécu pour aider le club de l’est-Var à grandir. « La 1ère année a été un peu une mise en place, et l’an passé, on fait finale à Ajaccio. Ç’aurait été une consécration de réussir une autre montée. J’en ai connu deux auparavant, avec Narbonne et Saint-Nazaire… »
UNE RECONVERSION À CONSTRUIRE
À RODEZ… ET LOIN DU VOLLEY
L’Aurillacois de naissance aura su faire profiter le Fréjus Var Volley dans sa volonté de grandir, « il y avait un petit côté amateur encore quand je suis arrivé, j’ai essayé de faire passer des messages et, les dirigeants étant volontaires et avec une grande qualité d’écoute, le club a avancé. Mais tout cela reste encore fragile, les petits éléments contraires qui nous ont embêté cette année l’ont prouvé… »
Nul doute que, du côté de l’Aveyron – Pej’ souhaite s’installer sur Rodez et, ainsi, rapprocher la famille de ses racines, de celle de sa campagne « qui m’a suivi toutes ces dernières années, à moi de lui rendre la pareille » – le désormais ancien capitaine du Fréjus Var Volley aura un œil sur son ancien club, sur un monde qu’il quitte « sans regrets et avec l’envie de faire autre chose, loin du volley pour l’instant ».
À voir les yeux embués de beaucoup de spectateurs qui auront eu la chance de voir les derniers pas de volleyeur de M. Jean-Philippe Sol samedi dernier, il n’est rien de dire que Pej’ aura marqué de son empreinte son passage au Fréjus Var Volley…

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LA CARRIÈRE DE JEAN-PHILIPPE “PEJ’“ SOL (*)
2003-2004 : CNVB, Centre national de volley-ball
2004-2006 : Club Alès-en-Cévennes VB, 2 saisons en Pro B
2006-2009 : Montpellier UC, 3 saisons en Pro A (1/2 finaliste play-offs en 2009)
2009-2012 : Stade Poitevin VB, 3 saisons Ligue A (champion de France en 2011), élu meilleur central du championnat
2012-2013 : Arago de Sète, 1 saison en Ligue A (1/4 finaliste play-offs)
2013-2014 : Narbonne Volley, 1 saison en Ligue A (11e phase régulière)
2014-2016 : Nantes Rezé Métropole Volley, 2 saisons en Pro A (1/4 finaliste play-offs en 2016)
2016-2017 : Chaumont Volley-Ball 52, 1 saison en Ligue A (champion de France et vainqueur Super Coupe de France, finaliste Challenge Cup)
2017-2019 : Narbonne Volley, 1 saison en Ligue B (2e phase régulière -> accède en Ligue A), 1 saison en Ligue A (10e phase régulière)
2019-2020 : United Volley Francfort (Allemagne), saison annulée COVID
2020-2021 : Hapœl Mateh-Asher Akko (Israël), 1 saison (2e championnat)
2021-2022 : Helios Grizzlys Giesen, 1 saison en Volley-Ball Bundesliga (8e phase régulière -> 1/4 finaliste play-offs), 1 saison en Ligue A (10e phase régulière)
2021-2023 : Saint-Nazaire VB Atlantique, 1 saison en Ligue B (champion de France -> accède en Ligue A), 1 saison en Marmara SpikeLigue (6e phase régulière -> 1/4 finaliste play-offs)
2023-2026 : Fréjus Var Volley, 3 saisons en Ligue B (vice-champion de France 2025)
(*) Entre parenthèses, les meilleurs résultats du club si plusieurs saisons
97 sélections en équipe de France -> vice-champion d’Europe en 2009 (avec Yannick Bazin, Hubert Henno, Stéphane Antiga, Guillaume Samica, Samuel Tuia, Baptiste Geiler…)




