L’on savait pour Pej’ et sa fin de carrière programmée le 15 mai à l’issue de la 33e journée de Ligue B contre Chalon. L’arrêt ferme et définitif de Raphaël Attié ne l’était pas. « Non, je vais continuer encore une année, tout comme je l’ai fait cette saison. À être prêt pour apporter au groupe au cas où. »
Car, en coulisses, la reconversion du natif de Clamart était déjà en route. Ainsi, toute cette dernière année, Raph’ a-t-ainsi apporté son aide à Fabrice Tardy à la direction générale du club, notamment en charge de l’ensemble des déplacements (voyages, réservation trains et hôtels. L’idée était donc de faire une année supplémentaire sur le même principe.
Mais ça, c’était jusqu’à ce que Fabrice Tardy décide de donner un tournant à son chemin professionnel et de quitter le club de la cité romaine après cinq années à la direction générale. En conséquence, Raphaël Attié est amené à s’investir davantage sur ce nouveau rôle de directeur responsable administratif et sportif qui lui incombe désormais, et de « ranger le maillot de joueur pour de bon ».

FRÉJUS : DU TERRAIN À L’ENVERS DU DÉCOR
« Cette nouvelle mission est une bonne opportunité pour moi de quitter le monde du volley en tant que joueur mais de continuer dans un autre costume. A fortiori dans un club qui n’est certes pas celui où j’ai joué le plus, mais c’est mon club et ma ville d’adoption. Lors de mon passage il y a cinq ans, j’avais commencé à l’après-volley et acheté un appartement ici. Parce que c’était ici que je voulais m’installer après la fin de ma carrière. Fréjus est un club où je me suis toujours bien senti, un club familial qui me correspond, j’y ai plein de potes, j’aime la région, donc tout était réuni… »
Déjà n’était-il pas rare en effet, lors de toutes ses années martégales, de voir Raph’ venir encourager ses anciens coéquipiers. Comme souvent, et plus encore les dernières années, il était question de son retour dans le groupe de Loïc Geiler, avant que cela ne devienne effectif en début de saison passée.
Aujourd’hui du coup, Raph’ a quelque peu anticipé ses derniers pas de volleyeur professionnel. Mais « c’est bien, c’est que c’était le bon moment. Une année de plus n’aurait pas changé grand-chose à une carrière dont je suis fier ».

Les deux se retrouveront pour une dernière saison en terre varoise et pour une ultime danse face à Chalon le 15 mai 2026

« J’AI JOUÉ PLUS CETTE SAISON
QUE JE NE L’AURAIS PENSÉ »
D’autant que, s’il a fini sur les rotules samedi dernier sa dernière tournée devant Chalon, il a apprécié cette saison : « j’ai joué plus que je n’aurais pensé au départ, d’autant que j’ai été amené à dépanner au poste de libero du fait de l’absence de Malco (Ghio, Ndlr). Après, mes fragilités au dos (discopathie récurrente, Ndlr)m’ont souvent embêté. Le fruit de 19 saisons au plus haut niveau avec beaucoup d’impacts, on demande beaucoup à notre corps mais celui-ci nous le rappelle à un moment. Mais, ces dernières semaines, ces douleurs m’ont laissé un peu tranquille et j’ai pu finir avec un dernier match plein. »
Né à Clamart de parents volleyeurs eux aussi – « c’était le chemin tout tracé pour y venir aussi » –, Raph’ Attié a également touché à beaucoup d’autres sports (foot, ping-pong, tennis, golf…). Il est resté fidèle à son club, refusant le Pôle Espoirs de Châtenay-Malabry ou encore le CNVB. « Je voulais rester dans mon cocon familial, je ne me voyais pas dans ces structures à l’époque. Finalement, j’ai rejoint le Paris Volley à l’âge de 18 ans », embrassant une carrière professionnelle à l’aube de la saison 2007-2008.
DÉBUTS PRO AU PARIS VOLLEY
AVEC DEUX TITRES DE CHAMPION !
Il y jouera six saisons, jusque fin 2013 sous les ordres de l’entraîneur brésilien Mauricio Paes auquel succédera Dorian Rougeyron, le temps de garnir son armoire à trophées de deux titres nationaux. Il y disputera cette Coupe d’Europe qu’on appelait C1 à l’époque – « jouer la Ligue des Champions, un moment marquant dans une carrière ». Il jouera aux côtés de certains grands noms du volley tricolore tels Yannick Bazin, Hubert Henno, Philippe Tuitoga, mais aussi des joueurs qu’il retrouvera plus tard et qui deviendront des amis tel Romain Bonon, Raphaël Corre (qui est le principal instigateur du magnifique clip hommage diffusé samedi dernier), Emmanuel Ragondet, voire encore un Todor Skrimov, le récep’-attaquant débarquant… de Fréjus en 2009. « Tu apprends toujours énormément avec des mecs comme ça, des grands champions, des grands entraîneurs. »

Les pérégrinations de sa carrière le mèneront ensuite à Martigues une première fois, au sein d’anciennes places fortes du volley hexagonal aujourd’hui disparues (Asnières, le célèbre CAC d’Alès-en-Cévennes). Avant un retour en région parisienne pour deux années au Plessis avant de débarquer dans le Var. La suite, on la connaît : deux campagnes fréjusiennes et un nouveau départ, ou plutôt un retour, à Martigues, disposant de moyens autres…
SÉLECTIONS CADETS ET JUNIORS
Au moment de jeter un œil dans le rétro, sur ce « volley professionnel qui aura été la moitié de ma vie jusqu’ici, c’est quand même un gros truc », Raph’ se souvient aussi de ses sélections en équipes de France jeunes, cadets et juniors, avec des mecs de la génération Toniutti qui débutaient, des Kevin Le Roux, Earvin Ngapeth, Kevin Tillie, Nicolas Rossard… Mais sans doute ce choix, alors, de ne pas rejoindre les structures fédérales, ne l’emmènera pas plus loin en sélection. « Des regrets pour ça, je ne sais pas, je n’en ai aucune idée. Ça s’et fait comme ça, c’est ainsi. Après, je les ai suivis bien entendu. Ils ont gagné deux titres olympiques, on ne peut être qu’admiratif… »
Pour le reste, qu’importe : Raph’ se dit « fier de cette carrière, surtout de cette longévité au plus haut niveau, surtout que j’ai connu pas mal de blessures au début. Et puis, ça impose pas mal de sacrifices familiaux, on ne peut pas réellement se poser, ce n’est pas évident »…
Pour cette raison, « j’avais presque 30 ans déjà en arrivant sur Fréjus, j’ai commencé à regarder devant et me dire que ça ne durerait pas éternellement. C’est aussi pour ça que j’ai investi en achetant un appartement dans une région où je voulais revenir »…

LA PROCHAINE SAISON SE VIVRA
D’UNE AUTRE MANIÈRE
Autre genre d’investissement, celui qui l’amène maintenant au titre de responsable administratif du club, « la gestion des déplacements comme je le faisais déjà cette année, mais également les problèmes des joueurs au quotidien, faire le lien avec le staff et les dirigeants. Ça sera évidemment particulier, je m’en rendrais sûrement davantage compte après les vacances. Puis on enchaînera sur une nouvelle saison, mais je la vivrai autrement. Je serai toujours là, à la salle, à voir les matches d’une autre manière ».
Samedi dernier, à l’issue de ses derniers moments de joueur passé sur le terrain, Raph’ a craqué le premier… « C’est vrai que ce match était particulier, compliqué à jouer. Je l’ai vraiment ressenti ce matin, puis le dernier rendez-vous avec le groupe, le dernier maillot, le dernier échauffement, le dernier match, tout ça… C’est une vraie émotion avec ma famille et des amis qui étaient là, mais je suis très content de finir comme ça. Avec une dernière victoire… »
Une page s’est tournée pour Raph’, une autre s’ouvre. Et le plus important est que ce soit toujours au Fréjus Var Volley…

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LA CARRIÈRE DE RAPHAËL ATTIÉ (*)
2007-2013 : Paris Volley, 6 saisons en Pro A/Ligue A (champion de France 2008 et 2009, finaliste 2013)
2013-2014 : Martigues Volley-ball, 1 saison en Ligue B (13e)
2014-2015 : Asnières Volley 92, 1 saison en championnat Élite (1er phase régulière poule B, vainqueur play-offs, accession Ligue B refusée)
2015-2016 : Club Alès-en-Cévennes VB, 3 saisons Ligue A (champion de France en 2011), élu meilleur central du championnat
2016-2018 : Plessis-Robinson VB, 2 saisons en Ligue B (7e et 1/2 finaliste play-offs 2017, e et 1/4 finaliste play-offs 2018)
2018-2020 : Fréjus Var Volley, 2 saisons en Ligue B (7e et 1/4 finaliste play-offs 2019, 8e saisons arrêtée Covid)
2020-2025 : Martigues Volley, 5 saisons en Ligue B (meilleur résultat : 5e et 1/2 finaliste play-offs en 2025)
2025-2026 : Fréjus Var Volley, 1 saison en Ligue B (7e)
(*) Entre parenthèses, les meilleurs résultats du club si plusieurs saisons





