S’il en était un qui ne se posait pas de question sur son avenir à court terme, c’est bien Théo Conré. Le natif de Saint-Avertin (dans la banlieue de Tours) avait en effet signé deux années lors de son retour dans le Var l’an passé.
« Je suis revenu à Fréjus l’an dernier dans l’optique de rejouer et d’être à nouveau titulaire. » Car, trois saisons après une première période de deux années dans le club de la cité romaine, Théo voulait surtout oublier une année en demi-teinte à Montpellier. Dès le début de saison, une sévère entorse à la cheville a quelque part ralenti la progression du Tourangeau (29 ans depuis la mi-juin), après quatre campagnes plutôt réussies en Ligue B qui l’avaient véritablement révélé au monde du volley.

SAINT-AVERTIN, TOURS PUIS MONTPELLIER…
Né au volley au club de Saint-Avertin, notamment sous la férule de son père Marc lui-même ancien joueur, recruté par le voisin tourangeau, Théo Conré a continué son apprentissage dans l’une des places fortes du volley tricolore (2015 -> 2018), avant de rejoindre (une première fois) un autre club phare de Ligue A, le Montpellier Agglomération Volley UC (2018 -> 2020). Une décision également liée au projet universitaire mené en parallèle, Théo Conré étant diplômé en diététique & nutrition (il validera encore plus tard un diplôme de préparateur physique).
Sur les conseils d’Olivier Lecat, alors entraîneur des Héraultais, Conré est descendu d’un niveau pour tenter l’avent diplômé en ure au FVV… y rejoignant d’ailleurs Hugo Lecat, libero de métier et fils de son père. « Fréjus était déjà ce club familial, qui accordait une grande place à la formation et réputé pour lancer des jeunes. C’était mon cas lorsque je suis arrivé en 2020. »
À tel point que Théo sera l’une des révélations de la Ligue B dès sa première saison sous les couleurs varoises. Si la seconde sera un peu moins aboutie, cela ne l’empêchera pas de traverser ce bout de Méditerranée nous séparant de l’Île de Beauté, enrôlé par des Gaziers d’Ajaccio, des corses particulièrement ambitieux.

RETOUR À FRÉJUS POUR RETROUVER DU TEMPS DE JEU
Deux années insulaires dont la seconde marquée par une accession manquée au golden set (12-15) face à Cannes – sans Conré, le GFCA “se vengera“ la saison suivante face à Fréjus… 15-12 au golden set !
Mais Théo Conré n’aura pas vécu cette finale entre ses deux anciens clubs, car il avait retraversé la Méditerranée pour (re)signer au Montpellier Volley. Malheureusement, une vilaine entorse à la cheville le privera du début de campagne – il sera aligné pour la première fois sur la feuille de match à l’occasion de la 7e journée – et même un peu plus. « Je voulais retrouver du temps de jeu et je connaissais Fréjus, qui restait de plus sur cette finale face à Ajaccio. Malheureusement, tout ne s’est pas passé comme prévu. »
Revenu dans un rôle de cadre, Théo ne se met pas à part dans cette dernière campagne mi-figue, mi-raisin. « J’ai eu moi-même dû retrouver le rythme mais également des automatismes avec Cédric (Da Silva). Pour un passeur, composer avec un gaucher est plus difficile. »
Malgré une entame réussie, Fréjus est rapidement rentré dans le rang. « Nos difficultés nous ont suivi toute l’année. Les premiers mois de l’année (janvier, février…) ont été les plus difficiles. Nous avions modifié notre façon de nous entraîner avant, finalement, après la défaite à domicile contre France Avenir et une réunion avec le staff, nous sommes revenus en arrière et la fin de saison a été plus probante. »

FAGANAS VA RÉÉQUILIBRER LES FORCES OFFENSIVES
D’autant que de nombreux pépins physiques sont venus émailler le roster fréjusien – Conré lui -même n’y échappera pas, on pense surtout ici à son entorse (maudite cheville) contractée à la fun du 2e set contre Royan alors que le FVV avait le match en mains…
Du coup, si la 3e partie de saison sera de meilleure facture (7-3 au ratio victoires-défaites sur les 1ère et 3e phases, 3-7 dans la 2e), le retard pris était déjà conséquent.
Mais « nous avons travaillé pour l’avenir, nous n’avons pas complètement perdu cette saison. Et nous aborderons la prochaine avec d’autres certitudes ».
Notamment celle de disposer, avec l’arrivée du pointu Julien Faganas, d’une « force offensive plus équilibrée. Il attirera davantage les bloqueurs adverses et cela ouvrira de nouvelles perspectives pour Cédric, et une tout autre répartition à la passe ».
Sans oublier des jeunes – la marque de fabrique fréjusienne, on l’a encore découvert sur l’exercice écoulé – à l’image des Nathan Steffen et autre Arthur Sentenac. « Malo (Foncarnier) a été une belle révélation, et Malco (Ghio) a largement fait le job. Ensuite, le malheur des uns faisant le bonheur des autres, un Nathan Steffen a parfaitement su saisir la chance qui lui était offerte. Quant à Arthur, on connaissait son potentiel rien qu’en voyant ce qu’il est capable de faire à l’entraînement. Plus que jamais cette saison, une vraie confiance a été accordée aux jeunes, qui voient qu’ils peuvent non seulement s’entraîner avec les pros mais encore avoir leur chance de jouer en match. »

DA SILVA ET CONRÉ, LES “NOUVEAUX
PAPAS“ DE L’EFFECTIF FRÉJUSIEN
Et il y aura encore cette lutte interne avec Da Silva concernant le service et le nombre d’aces accumulés au fil de la saison. Si l’Orléanais a battu le Tourangeau dans cet exercice cette année – « je me suis trop focalisé sur cet aspect du jeu lors du dernier match contre Chalon, et je n’ai fait que de la m… », reconnaît Conré, qui aura cumulé les erreurs (6) là son partenaire alignait les aces (5), – il va sans dire, connaissant les caractères de gagneur des deux garçons, que le duel sera toujours de mise cette prochaine saison. À moins qu’un 3e larron – Faganas n’est pas un manchot dans le domaine, qui a pareillement aligné les mises en jeu gagnantes (39) – ne vienne mettre son grain de sel…
Toujours est-il que, plus que jamais l’an prochain, l’on attendra encore beaucoup plus de ces deux joueurs (Da Silva et Conré) qui seront les plus âgés (30 et 29 ans) de l’effectif de Loïc Geiler. Joint dans sa famille en Touraine fin juin, Théo Conré avouait avoir déjà « repris la musculation. Je me suis laissé un petit mois de break et je rattaque pour bien travailler tout l’été et arriver en pleine forme fin août ».
Car le R4 tourangeau entend bien faire de cette 4e saison sous les couleurs fréjusiennes celle du renouveau et du retour au sommet du club varois…




