Il est l’exemple le plus parfait d’un sociétaire de CFC, appelé à s’entraîner avec le groupe professionnel et que l’on invite – il convient peut-être mieux de dire… qu’il s’est de lui-même invité – à la table de la Ligue B. Peu auraient parié en début de saison sur le fait que Nathan Steffen, 22 ans (enfin, pas encore tout à fait puisqu’il ne les aura que dans une semaine, le 26), finirait comme le meilleur central du Fréjus Var Volley en cette saison difficile connue par le club varois.
Bien sûr, beaucoup de circonstances favorables auront joué en faveur de cette éclosion. À commencer une blessure lancinante à la hanche (bursite) pour celui qui était alors le patron du block azuréen depuis deux saisons, Jean-Philippe “Pej“ Sol.

SOL BLESSÉ, BRÉGENT ET MEXSON
PAS ASSEZ COINVAINCANTS,
PAS GRAVE, IL Y A NATHAN !
Derrière, Roman Brégent, lui aussi dans sa 3e saison au FVV, n’aura pas su franchir ce cap qui aurait pu l’installer sur le poste de titulaire. De la même manière, l’Écossais David Mexson, tout juste débarqué dans l’est-Var, ne montrera pas la fiabilité requise à ce poste. L’ancien du club luxembourgeois Lorenztweiler, avec lequel le central britannique avait conquis le titre national en 2024-2025, voyait là la différence entre le championnat du Grand Duché et son homologue français, de Ligue B qui plus est !
Ses premiers pas (et son premier point) sur un match de l’antichambre de l’élite hexagonale, l’ancien Cannois – remarqué par Laurent Cauet et ainsi invité à rejoindre le Centre de formation fréjusien à l’aube de la saison 2024-2025 – les aura réalisés à l’occasion du déplacement scellant le terme de la phase #1 (1ers matches aller) du championnat, juste avant Noël, un déplacement pour lequel Cap’tain Sol avait précisément déclaré (un premier) forfait.
UN PHARE DANS LA TEMPÊTE
Surtout, Nathan Steffen sera un temps le phare émergeant de la pénombre dans laquelle était plongé le Fréjus Var Volley au début d’année 2026. En l’espace de trois matches (vs Royan et Rennes, puis à Martigues), le jeune central signera des feuilles de stats remarquables, à 7 points et 3 blocks (Royan), 13 pts et 8 blocks (Rennes), 14 points et 3 blocks (Martigues).
Les sept matches suivants, entre début février et fin mars, Nathan Steffen sera titulaire, sortant deux rencontres à 10 points, 3 blocks (à Chalon) et 16 points, 7 blocks (vs Cambrai).
« J’avoue que je ne m’attendais pas à une telle saison. Pas aussi tôt, pas aussi vite. J’ai été super bien accueilli tout de suite, versé dans le grand bain mais bien aidé et bien conseillé. »


DÉJÀ MAÎTRE DU CLAPPING
Il est ainsi devenu un pion essentiel pour pallier l’absence du capitaine, jamais véritablement guéri de ses douleurs récurrentes à la hanche, en dépit d’infiltrations et bien qu’il se ménagea au maximum à l’entraînement en évitant les sauts. Et, même s’il est moins apparu sur le dernier mois de compétition, la raison est ailleurs.
« Franchement, je pense que je peux me retourner sur ma saison et être satisfait » de ces 16 matches où il aura été aligné et qui lui auront permis de s’inscrire dans le Top 15 des centraux de Ligue B (15e), devant ses partenaires (Brégent 17e, Sol 19e et Mexson 31e). Et même d’être distingué par deux fois comme le meilleur joueur du match, d’abord contre Rennes puis contre Cambrai. Steffen aura donc appris à mener le clapping marquant chaque succès varois.
QUAND GEILER LANÇA SON CFC
CONTRE ROYAN…
Et tout le monde se souvient encore de cet instant du match où le coach Loïc Geiler aligna ni plus ni moins que cinq joueurs estampillés CFC (Bergeron, Sentenac, Steffen, Romany, Foncarnier et Ghio)… face au futur champion de la division, Royan ! Un moment qui restera dans les temps forts de la saison écoulée…
La saison du jeune Fréjusien aura pourtant été marquée en parallèle par une vraie déception, celle de la 6e place aux phases finales du championnat Élite Avenir à Vichy à la mi-mai. « C’est un grand regret à titre personnel, surtout cette défaite en quarts de finale contre Illac. » Même si une succession d’évènements aura affaibli les forces du groupe de Laurent Cauet. À commencer par l’absence du capitaine, le central Abdou Diop qui avait privilégié ses études et son BTS, laissant un vrai vide au point que « nous n’avons pas pu faire tourner lors du 3e match de poule contre le PUC ».

TROP D’ÉLÉMENTS CONTRAIRES
EN PHASE FINALE D’ÉLITE AVENIR
Si l’on ajoute les « sets supplémentaires disputés en défaveur des Fréjusiens par rapport aux Illacais en quarts de finale, le tendon fragilisé de Malo Foncarnier, qui nous prive d’un élément fort, nous nous sommes retrouvés dépourvus des ressources nécessaires pour envisager mieux. Nous avions à cœur de faire mieux que l’an dernier (6es), et si j’étais content de la victoire contre Saint-Nazaire (en finale pour les places 5 à 8), la défaite contre Toulouse (en finale 5-6) fait que nous n’avons qu’égaler cette performance ».
D’autant que Nathan, 4e avec ses potes des M21 en finale de la Coupe de France 2025 de cette catégorie, il était tout bonnement… trop âgé pour postuler à une place dans le groupe 2026 qui est allé chercher une médaille d’argent contre le PUC.


Fatigué après une longue saison, « entre les pros le samedi et, souvent, l’enchaînement avec les matches du CFC le lendemain », Nathan Steffen, qui travaillait en alternance au magasin SPAR des Issambres (un fidèle partenaire du club fréjusien) dans le cadre de ses études, a attendu ses vacances bien méritées. Histoire de se requinquer, d’abord « un peu de repos avant, déjà, de songer à la préparation pour la saison prochaine. Je veux faire les choses bien, reconnaissant » de la « confiance placée en moi » cette année…
LA JEUNESSE, L’ADN DE FRÉJUS
Et dire que derrière tous ces jeunes, encore appelés à briller en Ligue B dans le sillage de Nathan Steffen, mais aussi d’Arthur Sentenac et Melvin Ebagne, sans oublier les “p’tits“ nouveaux qui “montent“ du CFC (Thomas Schmitz Straumann et Sacha Lixon), figurent encore trois jeunes Fréjusiens (Antonin Bonnard et Jaden Ebagne, deux 2011 donc âgés de 15 ans seulement, et Robin Dubilly-Dartois, 16 ans) qui ont prouvé avec l’équipe de France U18 (vice-championne d’Europe après sa défaite 1-3 face à la Pologne en finale ce samedi) qu’un bel avenir s’ouvrait à eux aussi…




