Malco Ghio Boudin : l’avenir lui appartient

S’il en était encore besoin, le libero fréjusien, Malco Ghio Boudin (son patronyme complet) est une preuve supplémentaire, non seulement de la qualité de la formation fréjusienne, mais encore du fait que le club est-varois laisse leur chance aux joueurs régionaux. Natif de Grasse mais Mandolocien d’adoption puisque ses parents y sont domiciliés, Malco a fait ses armes au club de la ville, y jouant jusqu’en Nationale 3. Avant, voici trois ans (rentrée 2023), de rallier le Centre de formation du Fréjus Var Volley.

PRÊT À PRENDRE LE RELAIS DE CHEUNG

Cette année, à l’instar de son copain de “promo“ Malo Foncarnier, Ghio Boudin a vu sa carrière prendre un nouveau tournant, profitant des circonstances du moment pour occuper une place de titulaire au poste de libero. « Tout s’est fait très simplement, explique Malco. Après un décrassage, Loïc est venu me voir pour me demander si me sentais prêt à prendre la suite de Maxime (Cheung, Ndlr) si celui-ci venait à stopper sa carrière. »

Telle était en effet la situation et l’incertitude qui planait alors sur l’avenir de l’ancien joueur de Paris, Charenton et Mende. Confronté à un choix personnel (le volley ou un projet professionnel), Maxime Cheung avait finalement décidé d’arrêter le volley (prématurément dirons-nous au regard de son âge – à peine 28 ans à ce moment – mais ce n’est là que notre seul jugement) et de donner une nouvelle orientation à sa vie professionnelle.

S’il n’est peut-être pas encore tout à fait le patron qu’il sera à terme à son poste, Malco Ghio Boudin sait pouvoir s’appuyer sur son partenaire du CFC, Malo Foncarnier. L’ancien Cannois avouait d’ailleurs, lorsque son voisin de défense était blessé, avoir davantage de difficultés à retrouver les mêmes automatismes avec Raphaël Attié (Photos © Ewa Gros Photography)

Une carrière s’était donc arrêtée, une autre commençait. Non sans quelques appréhensions pour Malco Ghio Boudin, d’autant qu’il lui fallait succéder là à un joueur, certainement le meilleur libero ayant défendu les couleurs fréjusiennes depuis le retour du club azuréen au plan professionnel, et à coup sûr pas étranger à la formidable aventure est-varoise de la saison écoulée, jusqu’à cette finale homérique en terre ajaccienne…
« C’est évident, il y a une énorme différence entre le fait de s’entraîner avec le groupe pro et de faire toute une saison en titulaire à ce poste. Moi, je n’avais connu que les entraînements et là, j’étais lancé dans le grand bain. »

LE RÔLE PRIMORDIAL DU LIBERO

D’autant que libero est un poste bien spécifique au volley. Le joueur au maillot différent de celui de ses coéquipiers est avant tout là pour “ramasser“. Il est le défenseur n°1, souvent la cible au service, celui qui vient en soutien derrière le block de ses centraux ou attaquants. Il demeure en ligne arrière, derrière la ligne des 3 m, n’a ni le droit de servir ni d’attaquer proprement dit. Il est pourtant un pion essentiel pour le side-out (après l’avoir perdu, le fait de récupérer le ballon dès la première attaque adverse), ou tout simplement en qualité de défenseur. De la qualité de sa réception ou sa défense dépend souvent en effet la mise en place, par le passeur, de l’attaque suivante…

En termes de réception, l’efficacité d’un libero se juge ainsi à l’aune du nombre de celles-ci, de celles jugées parfaites, positives ou négatives au regard de la suite de l’action. Bref, un calcul par définition complexe qu’il convient de laisser aux spécialistes.

L’une des spécificités du poste de libero concerne la passe, obligatoirement en manchette s’il est dans la zone des 3 m, mais possible à deux mains en base arrière

UNE “BLESSURE“ QUI TOMBE MAL

Et pour une première campagne à ce niveau, Malco retient à titre personnel « des points positifs mais aussi négatifs ». Et puis, il y a eu « cette blessure », qui n’en était pas réellement une, mais une infection sur une lésion cutanée à un genou qui a dégénéré jusqu’au staphylocoque et a nécessité une intervention chirurgicale. Elle m’a arrêté au pire moment – Malco a été arrêté un gros mois et a manqué cinq matches – J6 contre Saint-Quentin -> J10 face à Chalon, remplacé à son poste par Raphaël Attié –, et c’était surtout très frustrant. On me donnait ma chance et un poste de titulaire en Ligue B et il m’arrive ça… »

Revenu aux affaires du côté de France Avenir, juste avant Noël, le jeune libero fréjusien sera, comme ses partenaires, beaucoup plus en difficulté sur la phase #2 de la compétition, entre janvier et mars. Deux mois qui ont plombé la saison du FVV – « on a changé notre façon de nous entraîner, d’une manière beaucoup plus intensive qui nous a sans doute coûté beaucoup d’énergie en match » –, sans pour autant altérer la bonne entente au sein du groupe. « On était moins bien, on a enchaîné les défaites, le groupe s’est un peu éteint mais on n’a pas renoncé… »

Malco Ghio Boudin sait que lui et ses copains devront désormais faire sans les deux divins chauves, régulateurs du jeu et de l’attitude des joueurs sur le terrain

MUSCULATION… ET NATATION

Surtout, les joueurs et staff est-varois ont travaillé et appris des choses qui « nous serviront la saison prochaine. L’équipe sera plus jeune avec les arrêts des “anciens“ Sol et Attié – en l’état actuel du recrutement, le groupe fréjusien présentera une moyenne d’âge de tout juste 22 ans en septembre – et Cédric (Da Silva) et Théo (Conré) seront les plus âgés et, à ce titre, ceux qui devront reprendre le rôle que jouaient “Pej“ et Raph’ dans la gestion du groupe, notamment sur les moments plus difficiles ».

Pour l’heure en tout cas, Malco a réattaqué la préparation à base de musculation et de « natation, on s’y est mis cet été avec ma copine et ça fait beaucoup de bien ».
Le fait d’avoir signé son premier contrat professionnel ne lui permettra plus en revanche d’évoluer avec le CFC. « Stefan Rankovic sera aspirant-pro, Gabriel Duflos sera conventionné et, à partir de là, il ne restait qu’une seule place pour Malo (Foncarnier) ou Malco (Ghio Boudin), explique à ce sujet le président Alexandre Bonnard. Après discussion avec le staff et notamment Dusan Pribanovic, qui dirigera le CFC, il a été décidé que Sacha Lixon fera l’affaire au poste de libero. Du coup, il “valait mieux garder“ Malo Foncarnier en qualité d’aspirant-pro, qui pourra par là-même prendre part au championnat Élite Avenir avec le CFC mais surtout les phases finales s’il y a lieu. »

La faute/L’erreur d’un libero est souvent plus visible que sur un autre poste, ce qui fait également la difficulté du poste

CFC : « ON POUVAIT FAIRE MIEUX, JE PENSE »

La 6e place obtenue du côté de Vichy courant mai sur ces phases finales restera donc la dernière compétition jouée par Malco avec ses potes du CFC. « On fait 3-2 contre Tours dès le premier match, mais on doit gagner beaucoup plus vite. Après, on fait 3-1 contre Cannes avec Malo qui se blesse à la fin du 3e set, et on bataille encore au 4ede fait. Avec notre revers 1-3 contre le PUC en 3e match, on arrive en quarts contre Illac, avec 6 sets de plus dans les jambes. Ce n’est pas une excuse mais ça y joue. D’autant qu’Illac était également une grosse équipe, vice-championne de France au final. Pour autant, avec une équipe au complet, avec un Melvin (Ebagne) qui a effectué un excellent retour à cette occasion, je reste persuadé que nous pouvions faire mieux… »

Pour la saison qui va s’ouvrir dans un gros mois maintenant, Malco Ghio Boudin sait qu’il doit encore « progresser. Notamment sur le service… » mais, pour ne pas donner d’informations à ses futurs adversaires, on n’en dira pas plus sur cette relative faiblesse…

Sur les tablettes, le nom de Malco Ghio Boudin restera comme le MVP du dernier match de la saison contre Chalon : une distinction suffisamment rare à ce poste pour la mettre en exergue…

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Fréjus Var Volley

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