Il aura finalement fallu aller disputer 27 points (15-12) dans un tie-break étouffant pour voir les Fréjusiens cueillir leur première victoire de l’année 2026. Concluant de fait (presqu’)au mieux un mois de janvier qui aura tenu sa réputation, le mois ouvrant l’année étant souvent reconnu comme le plus déprimant de l’année.
Pour le club varois, après avoir enterré 2025 de la meilleure des manières devant Nancy, trois défaites enchaînées (Illac, Cambrai, Royan) donnant un sérieux coup dans l’aile des ambitions varoises. Non qu’elles furent honteuses au regard de l’adversité affrontée, mais frustrantes (Illac et surtout Royan) et de nature à miner le moral.
Samedi, Fréjus a donc renoué avec le succès, mais ce ne fut pas sans peine et les hommes de Loïc Geiler ne se sont à coup sûr pas rassurés sur leurs performances du moment, notamment certains cadres passés au travers sur ce match.


1-0, 2-0… ET VLAN, PRENDS ÇA !!!
On se faisait la remarque la semaine passée devant Royan que Fréjus n’était encore jamais allé au tie-break cette saison. Eh bien, les Varois ont une nouvelle fois disputé cinq sets pour se sortir d’un mois de janvier à vous scier le moral et, surtout, des griffes de Bretons accrocheurs en diable. Et magnifiquement relancés par leur hôte du soir, pourrait-on ajouter. Notamment dans le 3e set !
Car sincèrement, comme lors de la précédente journée devant Royan, Fréjus avait tellement bien lancé les débats que (presque) tous voyaient s’avancer une victoire sèche en trois manches. Efficaces au block, servant à dessein pour gêner la réception rennaise – « l’une de leurs faiblesses », avait ciblé le coach Loïc Geiler – empochant les deux sets initiaux à 18, dans le sillage d’un Nathan Steffen déjà lancé dans un grand match qui le verrait finir MVP (7 pts 6 blocks à cet instant du match, une copie rendue à 13 et 8 au final) !!!
Le block, justement, secteur fort local (7 des 13 premiers points fréjusiens du 3e set ainsi conquis), tournait dès l’entame du 3e set. Quatre blocks (sur cinq points) et un sixième de Cardin octroyaient un matelas aussi confortable qu’inattendu aux Rennais (6-0).


LES RENNAIS RENNAISSENT
« On les laisse reprendre confiance et ils reviennent dans le match », pointait Malco Ghio après coup. Et Rennes saisira l’aubaine, se reposant sur Joao Fonseca (24 points à son compteur) et un Célestin Cardin haute couture (30 points, meilleur marqueur de la soirée).
Sans deux de leurs pièces maîtresses (Sol en civil et Conré resté sur le banc) faut-il le rappeler, les Fréjusiens ne remonteront jamais le débours laissé en début de 3e set et s’inclineront 20-25, ils faillirent bien nous refaire le coup de Nancy, revenant une nouvelle fois de 20-24 à 24 égalité ! À la baguette, on vous le donne en mille, Arthur Sentenac !
Il avait gagné le 20e point de son équipe sur une nouvelle attaque fulgurante, avant d’aligner une série (4 services) à causer des cauchemars aux réceptionneurs adverses. De sorte que Romain Brégent aligna deux contres et Arthur un ace pour revenir dans le set.
Lequel sera malheureusement perdu 25-27 sur un nouveau point de Cardin !
« ON GAGNE 3-2 MAIS SURTOUT, ON GAGNE
AVEC LES JEUNES ! » (ALEX BONNARD)
Le jeune Fréjusien (18 ans, qu’il célébrera en juillet prochain seulement) sera… le MVP de ce tie-break ! Avec six points sur les 13 premiers des siens, il amenait à lui seul le score à 13-10, avant qu’une faute de filet et un service hors cadre ne donnent le match à Fréjus (15-12).
« J’ai eu la chance de me montrer ce soir, confiait Arthur Sentenac. Je suis d’autant plus satisfait que je n’étais pas bien et j’ai une mauvaise semaine à l’entraînement. Mais j’aime ce challenge de rentrer pour être décisif, ça me plaît… » Une presta’ en tout cas qui amènera à se poser la question de le mettre d’entrée de jeu ou de le conserver dans ce rôle de clutch player qui sort du banc.
Titulaire, Nathan Steffen en a en tout cas gagné les galons depuis deux matches. Omniprésent au block et auteur de 13 points, mais encore l’auteur de services flottants mais bien tendus qui ennuyèrent plus souvent qu’à leur tour les réceptionneurs rennais. « C’est vraiment une grande satisfaction. Au service notamment en effet, là où mes flottants de la semaine passée n’étaient pas très efficients. Je suis vraiment sur un petit nuage, conscient et heureux de ce qui m’arrive. Même si c’est dur car demain, j’enchaîne avec le CFC à Cannes et mardi il y a Martigues… »
Et son pote Malco Ghio de se réjouir de voir ses potes du Centre – « on partageait une colocation avec Nathan l’an passé, ça fait plaisir de se retrouver à défendre les mêmes couleurs en pro » – percer et « saisir leur chance. Vraiment une mention particulière aux deux »…

Le groupe fréjusien se prépare maintenant à aller affronter l’ogre martégal mardi soir. « On jouera notre jeu, on essaiera de faire ce qu’on peut avec nos armes du moment », lâchait un Théo Conré, frustré d’être resté sur le banc. « Je bouillais, je voulais rentrer sur le terrain… »
Mais il devra encore patienter car Loïc Geiler ne devrait pas prendre de risques, ni à Martigues, ni devant France Avenir samedi prochain à Sainte-Croix,a fortiori « sur une cheville déjà bien abîmée l’an passé ».
Et, dans la Venise provençale, tous devront répondre présent.
Pour l’heure, le mot de la fin revient au président Alexandre Bonnard : « On aurait gagné 3-2, j’aurais été content. Mais là, on gagne 3-2 AVEC nos jeunes et ça, ça fait plaisir !!! »





