On a l’impression de ne voir plus qu’eux depuis trois ou quatre mois, de ne parler que d’eux. Eux, ce sont Antonin Bonnard (pointu), Jaden Ebagne-Yon (réceptionneur-attaquant) ou encore Robin Dubilly-Dartois (libero de prime abord, capable de se muer en réceptionneur-attaquant car il est difficile de déloger le libero titulaire, le Nîmois Corentin Agnese). Tous trois fiers représentants du Fréjus Var Volley qui ont trusté l’actualité du volley, à l’échelon hexagonal tout d’abord, au niveau continental puis à l’international par la suite.


ILS ONT TOUT RAFLÉ SUR LE SOL FRANÇAIS…
Car ces trois-là, associés à bien d’autres, ont réalisé par leur talent une véritable moisson de médailles et autres trophées et places d’honneur au fil des semaines. D’abord, en terre bretonne, les Volleyades M15 (compétition annuelle rassemblant des sélections régionales venues de toute la France), la Coupe de France M18, les Interpôles avec le Pôle espoirs de Cannes, la Coupe de France M15 !!! Ça, c’était “à la maison“ !!! Avec en prime, deux distinctions individuelles en M18 : Antonin Bonnard meilleur pointu des phases finales – il sera également déclaré meilleur joueur de la Coupe de France M15 –, Robin Dubilly meilleur libero (à noter que ce dernier, né le 1er janvier 2010 et donc dans l’année de ses 16 ans, ne pouvait être aligné, ni aux Volleyades, ni en Coupe de France M15).

… ET ONT PRESQUE CONQUIS L’EUROPE ET LE MONDE !!!
Ce seront ensuite deux compétitions internationales qui auront occupé tout l’été de nos trois champions. D’abord l’Euro U18 (vous remarquerez qu’on parle de M18 en France, de U18 à l’international…) en Italie, puis le Mondial U17 au Qatar ces dernières semaines.
De l’autre côté des Alpes, les garçons de Paul Cooper ont glané 7 victoires en 9 matches, avec une formidable demi-finale conquise au set décisif face au pays hôte, avant de s’incliner en finale face à une Pologne quasi injouable (1-3).
Sur les bords du Golfe Persique, la sélection de Philippe Salvan engagée sur ce Mondial U17 est allée quérir une autre médaille d’argent, dominée cette fois par les Iraniens lors du dernier match (1-3). Une équipe perse par beaucoup jugée comme plus âgée qu’elle ne l’était en réalité, notamment sur les réseaux sociaux. Même sur place, « beaucoup de joueurs, pas seulement français, mais également des étrangers, se sont interrogés sur l’âge réel des Iraniens, atteste Antonin Bonnard. Mais de toute façon, ils étaient largement plus physiques que nous. On avait même l’impression que la finale était leur premier match »…
Pour autant, menés deux manches à rien (à 18 et 15), les Bleuets sauront se rebiffer pour aller chercher la 3e (25-22) et retarder le sacre iranien (25-12 au set #4). « On prend le 3e set et ce n’est pas un hasard, on a su se mettre à leur niveau à ce moment-là, mais on n’a pas tenu en termes d’intensité ensuite. »


ANTONIN BONNARD SAISIT SA CHANCE…
ET DE QUELLE MANIÈRE !
Pas trop de regrets néanmoins. Pour aucun membre du trio. Pour un Antonin Bonnard, parti en Italie (Euro U18) pour un rôle de remplaçant, a su saisir la chance qui lui aura été offerte par la blessure (cheville) du pointu titulaire (Shad Jeanlys) dès le premier match de la compétition. « Après les Interpôles, j’avais enchaîné avec la sélection U18 pour préparer l’Euro. Pendant toute la phase de préparation d’ailleurs, je partais en tant que remplaçant de Jeanlys… »
La suite, on la connaît, le frère cadet de Nathan, fils du président fréjusien, enchaînera non seulement l’Euro U18, mais aussi le Mondial U17 dans la foulée.

JADEN DANS LA TRADITION FAMILIALE
Tout comme ses compères, Jaden Ebagne-Yon et Robin Dubilly-Dartois. Pour qui l’été sera passé aussi vite quand bien même il aura été doublement chargé. « Mais franchement, quand tu enchaînes, tu ne penses pas trop aux vacances. Quand je démarre une compétition, c’est pour gagner. Alors, oui, on n’imaginait pas vivre un tel été après avoir déjà réalisé des superbes perfs avec le Pôle ou Fréjus. »
De toute façon, Jaden est né (le 12 février 2011) pour le volley. Fils de Rufin, ancien international camerounais passé par Fréjus en Élite et parti dans la cité des Ducs pour prendre en charge la formation au club de Draguignan, et d’une maman également volleyeuse à l’AMSL Fréjus, “intercalé“ entre Melvin (19 ans, professionnel au FVV) et Kenji (12 ans), toujours “sous la coupe“ formatrice de papa à Dragui’. « J’ai été champion de France U13 avec Kenji en U13, j’ai joué en Élite Avenir (championnat de France des CFC, Ndlr) avec Melvin, mais c’est rare que l’on joue ensemble. En tout cas, c’est trop kiffant à chaque fois. Notamment avec mon petit frère, on était trop contents. »
ROBIN PAR-DESSUS LA FATIGUE
Des trois, c’est peut-être Robin qui a connu plus de difficultés à enchaîner les tournois. « J’ai dû couper quatre jours à la maison après les U18, avant de repartir pour les stages de prépa’ avec les U17. J’appréhendais un peu le fait de ne pas pouvoir se reposer, et j’avoue que ç’a été un peu dur physiquement à ce moment-là. Après c’était reparti. »
D’autant que les Bleuets, comme les grands, sont “chouchoutés“ et suivis à la lettre, notamment pour la récupération. « On voit que c’est un autre niveau. C’est le niveau international, hyper structuré, hyper organisé… Moi, je n’ai jamais eu l’occasion de me déplacer dans un bus spécialement réservé pour nous, pour une seule équipe », se marre Antonin.
Mentalement en revanche, on sent que les trois ont un peu besoin de souffler. « Ouais, c’est vrai », concède Robin, lui qui découvre qui plus est un nouveau monde en ce début septembre. Atterri à Marseille de retour du Qatar dimanche dernier, Robin attaquait dès lundi sa rentrée au “CN“ (comprendre le “Centre national du volley-ball“, Pôle France autrement dénommé “France Avenir“), tout comme Jaden Ebagne-Yon.

EBAGNE ET RUBILLY VERS LE PÔLE FRANCE,
BONNARD RESTE À CANNES
Les deux Fréjusiens quittent ainsi le cocon familial fréjusien – on ne les retrouvera que pour les matches de Coupe de France M18 –, où pourrait les rejoindre dans un an Antonin Bonnard. Plus âgé… de huit jours que Jaden (« ouais, il me le fait souvent savoir », rigole l’ancien Dracénois), le cadet de la famille Bonnard a explosé plus tard dans la saison par rapport à ses deux compères… Du moins, trop “tard“ pour faire partie de la promo 2026-2027 du “CN“. Et, « si j’y vais effectivement l’an prochain, ce sera sur un poste de R4 plutôt que de pointu. Car j’ai plus ce profil. Et ça va d’ailleurs être une priorité de travail cette année : se fixer sur ce poste de R4 et laisser le rôle de pointu ».
De son côté, Jaden Ebagne-Yon devra d’abord se faire sa place au sein du collectif “France Avenir“, pour espérer venir chercher du temps de jeu en Ligue B (ou Volstar masculine 2, la nouvelle appellation officielle de feue la LBM). « On verra comment ça se passe. C’est sûr, certains, au “CN“, ont jusqu’à trois ou quatre ans de plus, donc ils sont plus forts, ils sautent plus, ils tapent plus fort. À moi d’essayer de gérer ce “gap“ physiquement pour aller les chatouiller en Ligue B, et sinon, continuer de faire mon trou avec l’équipe “CN“ d’Élite Avenir. »
DUBILLY-DARTOIS ENTEND
PRENDRE SA CHANCE À SON POSTE
Pour Robin, né à Fréjus, parti habiter à Vidauban avec la famille (dont sa grande sœur de 19 ans et la petite de 12), passé par Dragui’ (et sous les ordres de Rufin Ebagne) avant de signer à Fréjus, l’opération est quelque peu différente. Celui qui a commencé le volley un peu par hasard (« un samedi matin à 4 ans, parce que mes parents voulaient que je fasse du sport et j’ai accroché ») joue en effet à ce poste bien particulier de libero. “Doublé“ à ce poste en sélection par le Nîmois Corentin Agnese, il a revêtu la tunique de réceptionneur-attaquant avec les Bleuets. « Mais je faisais un passage sur la base arrière dans chaque set, donc ce n’était pas un problème. » Et cette année, « nous ne serons que deux liberos au “CN“ (Robin et… Corentin Agnese), donc je pense qu’on alternera parfois, et j’espère avoir ma chance en Ligue B ».
En ce début septembre en tout cas, le temps est laissé à Antonin (à Cannes… et avec le CFC de Fréjus), mais aussi Jaden et Robin, de récupérer. Ces premières semaines de rentrée sont axées sur les cours (en 1ère pour Antonin et Jaden, en Terminale pour Robin) avant de retrouver le ballon d’ici quelques semaines…
Pour vivre une nouvelle saison, on l’espère, aussi belle que celle qu’ils viennent de clôturer !
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ARTHUR SENTENAC MÉDAILLÉ D’OR AU WEVZA U19,
GUILLAUME RESPAUT 4E DE L’EURO U22
Et dans ce concert de louanges, l’on ne manquera pas de rappeler la médaille d’or ramenée par la sélection U19 et son capitaine, Arthur Sentenac, lors du WEVZA de Francfort – tournoi qualificatif pour l’Euro U20 de 2027. Une sélection où figurait également un néo-Fréjusien et ex-Cannois, le central Gabriel Deflos.
Enfin, le tableau ne serait pas complet sans se remémorer le début de cet été fructueux et, malheureusement, un Euro U22 conclu au Portugal par une frustrante 4e place par Guillaume Respaut et ses partenaires. Un passeur qui passe de Montpellier à Toulouse, du Centre Avenir (et de son club formateur fréjusien où il a encore disputé la saison écoulée la finale de la Coupe de France M21) aux Spacer’s de Toulouse (Alterna Volstar, ex-Marmara SpikeLigue). Dans la ville rose, Respaut rejoint Nathan Bonnard et Quentin Destombes, autres anciens de la maison est-varoise…

Et notons que cette 5e distinction de rang constitue une performance encore jamais réalisée… Ce qui relève la portée de l’exploit du club est-varois et récompense la qualité de sa formation !!!



