Thomas Guillaumond, ancien préparateur physique des pros et du CFC, en lice avec les féminines sur la VNL !

Il aura finalement été le premier départ officiel de cet été 2026, même si son actualité et son emploi du temps ont fait que ce départ s’est un peu imposé de lui-même voici déjà quelques semaines mais, même sans être présent physiquement dans l’est Var depuis début avril, « j’ai continué à envoyer les séances aux joueurs ».

Il faut dire que Thomas Guillaumond, préparateur physique par conséquent du CFC (Centre de formation) après avoir été celui des pros jusqu’à l’été 2025, l’était en parallèle cet hiver de l’équipe de France de ski nordique paralympique, qui regroupe deux disciplines sportives, le parabiathlon et le ski de fond olympique, alors qu’il accompagne aujourd’hui l’équipe de France féminine de volley qui débute sa Ligue des Nations (VNL) le 3 juin prochain du côté de Québec pour la phase de poules.

PREMIÈRES TOUCHES VAROISES AU SRVHB

Mais Thomas est en réalité un “touche-à-tous“ (les sports) qui a déjà effectué un long chemin, passant allègrement du hand au ski ou au volley. Le natif du Saint-Pal-de-Mons (Haute-Loire) il y a 33 ans a même été pompier professionnel à la Caserne du Cerceron entre janvier 2020 et décembre 2022. « J’ai préparé un STAPS entre Saint-Étienne (2 ans), Lille (1 an) et Tarbes où j’ai conclu mon Master. Entretemps, j’étais venu en vacances dans la région – j’ai notamment été pompier volontaire – avant de solliciter un stage auprès du SRVHB (Saint-Raphaël Var Handball), alors entraîné par Joël Da Silva. »

Thomas Guillaumond est arrivé au Fréjus Var Volley, propulsé par Jean Sengès, longtemps en charge de la préparation physique des volleyeurs est-varois. À droite, Khélil Baba-Aïssa, l’un des kinés du club fréjusien

LA RENCONTRE DÉCISIVE AVEC JEAN SENGÈS

C’est à ce moment que Thomas croisera le chemin d’une personne qui changera sa destinée, Jean Sengès, une sommité en matière de préparation physique qui a notamment œuvré auprès de l’équipe de France de ski alpin, génération Alphand, Lizeroux, que Loïc Geiler avait appelé à ses côtés pour préparer l’équipe masculine de l’AMSL Fréjus volley.
Une première coopération avec Jean Sengès entre janvier et mars 2017, puis une seconde à partir de septembre 2018 et jusqu’en 2022. Thomas assistait et prenait part à toutes séances physiques des handballeurs raphaëlois et des volleyeurs fréjusiens au CREPS de Boulouris, entre service physique et job à plein temps.
Durant ses années au centre boulourisien, Thomas Gillaumond s’est occupé du pôle France de softball, mais aussi du CAF (Centre d’accession et de formation) du Saint-Raphaël Natation, du pôle Espoirs de handball, du pôle Espoirs d’athlétisme pour les épreuves combinées, voire encore d’athlètes telle que Caroline Jouisse, nageuse en eau libre qui a notamment participé aux JO de Paris-2024.

Moins disponible, Thomas Guillaumond avait interverti son rôle avec Arthur Roullier, laissant la préparation physique du groupe pro pour prendre en charge celle du CFC, récent 6e (pour la 2e année consécutive) des finales Élite Avenir, le championnat des Centres de formation

TOTALE DÉCOUVERTE AVEC MATTIA MINELLI
À L’ÉTÉ 2022, MAIS SANS LOÏC GEILER

Après une saison de transition (2021-2022), Thomas avait succédé au jeune retraité Jean Sengès pour s’occuper de la préparation physique de l’équipe fréjusienne. « La rentrée 2022 s’est avérée un peu délicate car j’étais seul aux commandes avec Mattia (Minelli, statisticien devenu entraîneur-adjoint, qui devrait être adjoint aux Centurions de Narbonne l’an prochain en MSL) qui débarquait lui aussi, alors que Loïc était avec l’équipe de France, et avec de nouveaux joueurs étrangers qu’il fallait intégrer au mieux… »

En aparté, Thomas a endossé (en mai 2023) le rôle de préparateur physique de l’équipe de France de de parabiathlon aux côtés d’Anaïs Bescond et Vincent Duchêne, manager et entraîneur, respectivement sur le tir pour la première nommée et le ski de fond pour le second. Ou encore (été 2025) celui de la sélection nationale féminine de volley.

L’aventure avec l’équuipe de France féminine a débuté à l’été 2025, avec le merveilleux souvenir d’une victoire contre l’armada chinoise en 8es de finale

ENTRE CFC, ÉQUIPE DE FRANCE PARALYMPIQUE
ET SÉLECTION FÉMININE DE VOLLEY, IL FAUT CHOISIR

Face à cet emploi du temps, à tout le moins chargé et particulièrement intense, Thomas avait quitté le CREPS pour se mettre définitivement à son compte début 2025. Dans la foulée, « ne pouvant plus être autant disponible, et en accord avec les dirigeants et les staffs concernés, j’ai préféré échanger nos rôles avec Arthur Roullier, avec qui je travaillais en doublon, qui est donc passé du CFC aux pros, alors que j’effectuais le chemin inverse ». Et même de loin, le prépa’ physique du CFC suit avec une grande attention les résultats actuels des jeunes – « c’est formidable de voir toutes ces finales, ça fait plaisir » – en profite pour saluer et « remercier Laurent Cauet qui a composé avec mes absences. »

Car une prépa’ physique se travaille dès avant la saison et pendant toute l’année ensuite. « Il n’y a pas que la préparation physique d’avant saison, mais également un entretien au fil de la saison, des périodes de repos, de blessures, de retour au jeu… Il faut faire attention à l’état de forme des joueurs, veiller à les mettre dans les meilleures conditions pour le week-end, gérer les urgences avec la volonté de conserver une bonne santé… Il importe de travailler sur tout ce qui a lieu à la performance, car nous aussi avons une obligation de résultats. »

D’autant que le volley est un sport qui « sollicite énormément les jambes notamment, car il y a des milliers de sauts qui s’enchaînent dans la saison, entre entraînements et matches et, à chaque fois, c’est 6 à 7 fois le poids du corps qui pèse sur les jambes. C’est pour cette raison qu’il était important aussi il y a un an de changer le sol de la Halle Sainte-Croix pour passer de cette dalle en béton à ce Taraflex dernière génération »

ACCROCHER LE “FINAL EIGHT“ DE LA VNL…

Après un hiver consacré à la Coupe du monde de parabiathlon (une étape au Canada, deux autres en Allemagne), la préparation des jeux Paralympiques et la compétition en elle-même (*), Thomas Guillaumond a donc rejoint les filles du volley. Des Françaises qui nous avaient réjoui au plus haut point l’été dernier lors des championnats du monde en Thaïlande, réalisant alors accompli le plus beau parcours de son histoire, avec une victoire en 8es de finale contre la Chine (3-1) ! Les Bleues de l’entraîneur espagnol César Hernandez avaient ensuite mené deux sets à rien contre le Brésil en quarts, avant de s’incliner en cinq manches puis, finalement, de conclure ces Mondiaux à la 8e place.

La préparation toutes ces dernières semaines a surtout eu pour but d’intégrer de « nouvelles filles, les dernières nous ont d’ailleurs rejoint tout récemment ». Nonobstant beaucoup de « bilans et de tests médicaux, donc au final des entraînements assez contrariés ».
En tournoi aux Pays-Bas la semaine passée, les Bleues ont rallié directement ce lundi le Canada et Québec City pour une dernière semaine de stage avant le grand jour (3 juin face au Japon, avant d’affronter les États-Unis, le Canada et l’Ukraine).

L’été 2026 sera en grande partie consacré à la sélection tricolore, avec la VNL, qui débute au Québec le 3 juin prochain, puis le championnat d’Europe à partir du 21 août

Si elles partent un peu dans l’inconnu, les Françaises et leur entraîneur César Hernandez – 9es l’an passé pour ce qui était seulement leur seconde participation à la compétition – aborderont cette VNL, avec l’objectif de rallier le Final Eight (22 -> 26 juillet à Macao)… à condition donc d’être parmi les huit meilleures nations mondiales à l’issue des trois phases de qualifications. Après Québec, ce sera retour sur le sol européen, avec une 2e phase qui conduira les Tricolores d’abord en Turquie (Ankara, 17 -> 21 juin), puis en Serbie (Belgrade, 8 -> 12 juillet).

… AVANT L’EURO (D’ABORD) EN SUÈDE

Et si l’on ajoute à la fin de l’été (21 août -> 6 septembre) le championnat d’Europe disputé en Suède (quatre nations organisatrices pour les phases de poules avec l’Azerbaïdjan, la République tchèque et la Turquie, ces deux derniers pays accueillant ensuite les phases finales à partir des 8es), on voit que l’été de Thomas Guillaumond sera particulièrement chargé… En espérant que les Tricolores aillent le plus loin possible dans chacune de ces deux compétitions…

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(*) L’équipe de France de ski nordique paralympique était portée du côté de Turin (plus précisément à Cortina d’Ampezzo, site devenu “français“ après les exploits des biathlètes valides) par les multimédaillés Anthony Chalençon (catégorie déficient visuel), guidé par Florian Michelon, ou encore Benjamin Daviet en catégorie debout. À eux deux, ils cumulent pas moins de 15 breloques paralympiques, ramenées de Sotchi (2014), Pyeongchang (2018), Pékin (2022) et donc Turin (2026)
Le premier (35 ans) a perdu la vue à l’âge de 3 ans des suites d’une dégénérescence rétinienne. Il a conclu sa carrière avec une dernière breloque (en bronze) sur le 20 km ski de fond.
Le second (37 ans le 16 juin) est quant à lui atteint d’une raideur de la jambe gauche après un accident de mobylette à 17 ans, lui occasionnant une fracture du condyle (partie du fémur), un staphylocoque contracté lors de l’intervention chirurgicale le privant ensuite d’un genou. Il a lui aussi obtenu le bronze sur le sprint classique debout.
Enfin, un 3e athlète, Karl Tabouret, âge de 23 ans et atteint d’une maladie neurologique, est allé chercher l’or sur le 10 km classique debout. Une médaille qu’il cassera malheureusement lors des festivités d’après-titre au Club France…

L’aventure des Jeux paralympiques d’hiver en mars dernier reste également comme un grand souvenir pour Thomas Guillaumond

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