Après audition devant la CACCP, Fréjus sanctionné par la Ligue !

Le premier tiers du championnat de Ligue B nouvelle formule s’est achevé juste avant la courte trêve de Noël. L’occasion de dresser un premier bilan, mais également de revenir sur la lourde sanction (10.000 € d’amende et deux points retirés au classement) infligée aux Fréjusiens par la LNV et son organe de contrôle de gestion.

Pour les volleyeurs fréjusiens – comme tous les pros, qu’ils soient de Ligue B, Marmara SpikeLigue ou Saforelle Power 6 pour ces dames –, la trêve des confiseurs en cette année 2025 aura été réduite à sa simple portion congrue (celle des cinq jours de repos a minima, incluant Noël, telle que le définit la convention collective). Dès le lendemain de Noël en effet, Attié, Conré et consorts ont retrouvé le chemin de Sainte-Croix avec, en point de mire, la réception du Grand Nancy mardi 30 puis, le cap de 2026 franchi, un premier déplacement ardu à Illac dès le samedi 3 janvier.

Voici une dizaine de jours, les Fréjusiens sont allés s’imposer sans coup férir à France Avenir, ne lâchant que 55 points aux jeunes espoirs nationaux. Cette victoire – la 7e en 10 matches – marquait en parallèle la fin des matches allers… mais simplement le premier tiers du championnat. L’on sait en effet que la Ligue nationale a inauguré une nouvelle formule cette année pour l’antichambre de l’élite hexagonale, zappant les play-offs pour offrir, à l’issue des matches retours, une nouvelle phase identique à la période qui vient donc de s’achever.

Le fait de bien connaître “la maison“ fréjusienne et le sérieux du club n’est certainement pas étranger au retour dans la cité romaine en septembre dernier de deux anciens, Raphaël Attié et Théo Conré (© Ewa Gros Photography)

Sursis levé pour l’amende
et retrait de deux points !

L’heure est donc venue de faire un premier bilan d’une saison qui s’annonce encore longue, très longue (20 matches d’ici au 15 mai prochain). Un bilan avec une personne que l’on a moins l’habitude d’entendre mais qui n’en reste pas moins l’un des rouages essentiels du club est-varois, le trésorier Olivier Conte.

La veille du déplacement à France Avenir, le club est-varois avait appris la lourde sanction administrée par la Ligue nationale suite aux auditions de la CACCP (Commission d’aide et de contrôle des clubs professionnels), organe rattaché à la DNACG (Direction nationale d’aide et de contrôle de gestion), mandaté par la Ligue pour veiller à la bonne santé financière des 36 clubs professionnels français.

Et les plus observateurs d’entre vous auront bien noté cet écart de points (2) au classement de la LBM pour le club fréjusien (de 21 à 19), fruit de cette sanction infligée par la CACCP, au motif d’un non-respect du règlement de la LNV. Voilà en tout cas qui mérite un éclaircissement…

« Suite à notre visioconférence avec la CACCP, la LNV nous a infligé une amende de 10.000 €, accompagnée d’un retrait de trois points au classement, deux de manière ferme. Au motif du non-respect du règlement de la Ligue, imposant de constituer un fonds de réserve, correspondant à 10 % des produits générés par le club, afin de pourvoir à de potentiels soucis financiers. »

Le FVV, 3e équipe de jeunes en France,
6e meilleur Centre de formation !

Concernant l’amende de 10.000 €, il s’agit là de la levée du sursis décidé lors de la dernière audition de la CACCP. Olivier Conte admet sans réserve ce non-respect, mettant en exergue la politique de formation du club. « Former des jeunes est l’ADN du Fréjus Var Volley. Il ne faut pas oublier que, depuis plusieurs saisons, Fréjus est l’un des clubs présentant le plus d’équipes en phases finales des Coupes de France jeunes. Encore six la saison écoulée, tout comme Sartrouville alors que Le Plessis-Robinsons en avait huit en ce qui le concerne. »
Dans le même ordre d’idées, le CFC (Centre de formation) de Fréjus a disputé la phase finale du championnat Élite Avenir, qui rassemble tous les centres de formation, prenant la 6e place, une remarquable performance pour un centre célébrant simplement sa 2nde année d’existence !

Fréjus a précisément créé ce CFC à la rentrée 2023 pour « permettre aux jeunes du club d’avoir un nouveau niveau de progression et la perspective de découvrir le monde pro », si ce n’est en match, à tout le moins aux entraînements justement partagés avec l’équipe professionnelle. Melvin Ebagne (malheureusement freiné dans sa progression par un souci récurrent à un genou) et Arthur Sentenac en sont les meilleurs exemples, à l’image encore d’un Nathan Steffen, qui a eu l’occasion d’effectuer ses débuts en pro à France Avenir le 19 décembre. Sans oublier encore le passeur réserviste Célestin Bergeron, arrivé lui du CFC de Sète en septembre, mais aussi Malco Ghio et Malo Foncarnier, conventionnés CFC avec un contrat aspirtant pro.

Et Olivier Conte d’insister, « je n’ai pas vu beaucoup de clubs de Ligue B présenter deux ou trois joueurs conventionnés sur la feuille de match, voire en même temps sur le terrain »

On ne manquera pas de remarquer que si la quasi-totalité des clubs de Marmara SpikeLigue, hors Chaumont, possèdent leur CFC, ils ne sont que six (dont Fréjus) en LBM !

Ici avec le CFC contre Illac en début de saison, Célestin Bergeron (#2) à la passe pour son coéquipier Nathan Steffen sont entrés sur le terrain lors du dernier match à France Avenir. L’exemple de deux jeunes issus du CFC à qui on donne leur chance au plus haut niveau…

L’ADN de Fréjus restera la formation
des jeunes et le monde amateur

Alors, oui, le CFC, et le monde amateur dans son ensemble, représentent un coût financier non négligeable. Largement assumé par les responsables est-varois. « La base reste le secteur amateur, les équipes de jeunes. Le CFC et toutes les équipes amateurs sont inclues dans le budget du club, il n’y a pas de séparation entre le monde pro et le secteur amateur. Alors oui, au final, cela coûte, à l’image des déplacements et frais d’hôtel des équipes qui vont loin dans les compétitions de jeunes. Mais cela et restera notre choix. »

Si ce choix ne porte pas nécessairement ses fruits sur le court terme (encore que d’un point de vue strictement sportif, les résultats sont là et bien là), le club sait travailler pour l’avenir. Mais là n’est pas forcément une vision en adéquation avec les demandes de la Ligue nationale sur le plan financier.

« L’an dernier, en se basant sur une demi-finale des pros et trois équipes en phase finale des Coupes de France jeunes (ce sera finalement une finale contre Ajaccio et six équipes de jeunes qualifiées), on a quand même terminé l’exercice avec un excédent de 30.000 €. Alors, oui, nous ne disposons pas actuellement des ressources nécessaires pour constituer ce fameux fonds de réserve exigé, mais on peut se targuer d’être un club sérieux, rigoureux et sans dette. »

D’autant, encore, que le club a baissé sa masse salariale de 60.000 € sur les deux dernières saisons, ou se montre complètement dans les règles concernant toutes formes de cotisations (« les joueurs qui quittent Fréjus et se trouveraient sans club toucheront les indemnités chômage, ce qui n’est pas le cas partout »), ou encore prévoyance et mutuelle.

Car tout se sait dans le petit monde du volley, et les joueurs ne sont pas dupes, ils savent qu’à Fréjus, « ils seront payés normalement, à chaque fin de mois. Les salaires du mois ont même été avancés au 20 décembre, en prévision des fêtes de Noël… »

Arrêté dans sa progression à cause d’un souci récurrent au genou, Melvin Ebagne (ici au service) est un pur produit de la formation fréjusienne, à l’image encore de son partenaire Arthur Sentenac

Appel interjeté
devant la DNACG de la Fédération

Cette double sanction meurtrit d’autant le club varois que son « travail est unanimement salué au plus haut niveau ». Pour cette raison, Fréjus a interjeté appel de cette décision dès la sanction effective, lequel sera jugé « auprès de la DNACG de la Fédération cette fois, et non plus de l’organe CACCP de la Ligue ». Sachant encore que pourront alors être pris en compte le soutien, entre subventions et garanties, des « collectivités locales qui nous soutiennent tout particulièrement, et que nous devons remercier ».

Fort de tous ces éléments, le Fréjus Var Volley va plaider sa bonne cause et espérer « la restitution d’un point au classement, et une amende moins forte. Nous travaillons à la constitution de ce fonds de réserve indispensable et réclamé, mais cela ne peut se faire en un claquement de doigts… » D’autant qu’en y réfléchissant, le comportement de la LNV s’avère ici paradoxal, infligeant une amende (supplémentaire) de 10.000 € parce qu’un club n’a pas les moyens de mettre en place cette réserve financière…

Alors, si la Ligue n’a pas offert là un joli cadeau de Noël, peut-être la Fédération se révèlera-t-elle, non plus généreuse, mais à tout le moins plus clémente. Ce seraient là de jolies étrennes…

Fréjus retrouvera la compétition et le championnat de Ligue B dès ce mardi 30 décembre, en accueillant le Grand Nancy VB. Cédric Da Silva, désigné MVP (ci-dessus) et les Varois s’étaient imposés trois manches à rien en ouverture de la saison (© Facebook GNVB)

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