Décidément, Saint-Quentin aime bien venir refroidir la Halle des sports de Sainte-Croix ! Ce mardi soir, la formation axonaise s’est ainsi imposée au set décisif (17-15), non sans avoir été mené trois balles de match, deux dans le set #4, une 3e dans l’ultime manche à 14-15.
Pour les Varois, il faudra retrouver de la stabilité, de l’agressivité et de l’envie dès ce vendredi chez le promu Harnes, qui entamera là son championnat après deux forfaits, devant Nancy puis à Martigues.

SET #1 : FRÉJUS RÉCITE SON VOLLEY
Tout avait pourtant parfaitement commencé (bien à l’abri au regard du déluge s’abattant à l’extérieur) dans une salle fréjusienne enthousiaste, et surtout très impatiente cinq mois après le dernier match de la saison écoulée (hors le Challenge Fabiani il y a 10 jours). Des spectateurs venus en nombre pour découvrir la dernière cuvée locale, quand bien même seul Wayan Barbier découvrait le public varois avec le paletot fréjusien sur le dos (Faganas, sur le banc, ne devrait effectuer son retour que contre Chalon pour célébrer Halloween le 31 octobre).
Et qui n’auront pas été déçus avec un plein soleil et un ciel bleu azur sur une manche inaugurale où Fréjus récita son volley. La seule lecture de la feuille de stats suffit à elle-même pour s’en apercevoir (17 attaques gagnantes côté Fréjus, dont 4 aces et 2 blocks, agrémentés de 8 erreurs adverses ; 9 attaques et 5 erreurs varoises pour le SQV). Au tableau d’affichage, même déroulé (5-2, 8-4), puis 8 points de rang pour arriver à 16-6, avant d’entrer dans le money time à 20-8 et de conclure à 14.
PREMIERS NUAGES DÈS LA 2e MANCHE
Trop facile pour y croire. Et Saint-Quentin, dans le sillage de leur vrai maître à jouer, Ino Dukic (19 ans, champion du monde des U20 à l’été 2025 avec Thomas Schmitz et Guillaume Respaut entre autres), bien aidé par le toujours efficace Matheus De Almeida (respectivement 9 et 5 points dans cette 3e manche), les troupes de l’entraîneur Dario Dukic – le 3e plus ancien (depuis 2018) sur un banc de Ligue B, derrière l’Ajaccien Ferrandez (2006) et Loïc Geiler (2013) – commencèrent à faire planer les premiers nuages. Ils prirent pour la première fois les devants au tableau d’affichage à 7-6, avant de sanctionner sans coup férir les premières réceptions, aléatoires sinon manquées, de leurs hôtes (15-18, 18-22).
Melvin Ébagne-Yon retardera quelque peu l’échéance, Fréjus sauvera trois balles de set (21-24 à 24 égalité, une 4e à 24-25 mais pas la 5e. Et Saint-Quentin de se remettre dans le match (27-25).

À L’ENDROIT…
Un set échappé, certes regrettable mais ne nécessitant pas encore d’annoncer une quelconque alerte, tout juste une vigilance jaune. D’autant que les Fréjusiens remettaient la marche avant, avec de jolis caviars distillés par Cédric Da Silva, des points conclus par Conré, Foncarnier et Ébagne-Yon, un travail pas le plus spectaculaire mais efficace des deux centraux, David Mexson et Wayan Barbier. À 22-18, Loïc Geiler sortit THE coaching, en faisant entrer le serial server “maison“, le jeune Arthur Sentenac. Pour… un ace comme vous l’aurez deviné. Six points plus tard, Fréjus reprenait les devants, deux manches à une.
… PUIS DE NOUVEAU À L’ENVERS
Las, les locaux retombaient dans leurs travers dans le 3e set. « On a commencé à baisser un peu physiquement », soulignera Malo Foncarnier, « on lâche des balles trop facilement, notamment en réception », observe de son côté Wayana Barbier.
Pour autant, une éclaircie (ace de Foncarnier, frappant la bande du filet avant de glisser en feuille morte de l’autre côté) amena Fréjus tout proche du terme final, se donnant un avantage substantiel (23-20). Substantiel mais pas suffisant : Saint-Quentin effacera tout d’abord ce débours de trois longueurs (23 égalité), sauvera une (à 23-24) puis une autre balle de match (24-25) balle de match !!!
Mieux même, le SQV concluait une nouvelle fois à 27-25 pour égaliser à deux manches partout, alors que Théo Conré – il l’avouera à la fin du match, « j’ai une douleur sur l’avant de la cuisse, je ne sais pas ce que c’est. À Cambrai, on gagne 3-0, ça va vite, donc j’ai des douleurs, mais ça passe. Là, dès le 4e set, je n’arrivais plus à donner de bonnes impulsions, ni au service, ni en attaque ».
Du coup, les nuages s’amoncelaient véritablement à cet instant, et la vigilance était déjà passée à l’orange.

Et même carrément au rouge dès le début du tie-break. Avec ce très gros nuage sur le parquet es-varois qui voit s’envoler (1-5) des Saint-Quentinois à coup sûr ragaillardis par le faity d’avoir senti le vent du boulet avant d’être revenus dans le coup… Par miracle, un petit peu, mais davantage par un cadeau de leurs hôtes.
À la traîne dans ce set décisif (6-9), Fréjus ne s’en sortait que par des fulgurances, comme cette attaque long de ligne de Melvin Ébagne-Yon qui atterrissait de l’autre côté du filet avant même la ligne des 3 m. Fréjus se redonnait par deux fois le droit d’y croire, revenant de 6-9 à 9-9, ou encore de 9-11 à 11 égalité. Nouvelle entrée de Sentenac, sauveur une fois, pour revenir à 13 partout. Mais Fréjus n’était qu’en sursis. Et si le club varois sauvera une balle de match à 13-14, il en perdra une en revanche à 15-14, et baissera définitivement pavillon à 15-17.
LA FRUSTRATION RÈGNE…
Les réactions fréjusiennes au terme d’une rencontre un peu gâchée au final évoquaient toutes une même frustration. « On est devant, on a les opportunités, on doit gagner. Il faut se dire que c’est le genre de match qui fait grandir » (Malo Foncarnier). « C’est dommage, on avait tout ce qu’il fallait pour s’imposer. Un point positif avec le public qui nous a poussés, je n’avais jamais vu cela ici » (Sacha Lixon).

« On doit gagner, on ne doit pas perdre ni le 2e set, ni le 4e et pas davantage le tie-break, quand on voit qu’on revient deux fois, à 9 puis à 11, ça laisse beaucoup, de regrets » (Théo Conré). « À titre personnel, je pense que je dois être plus impactant en attaque, je suis un central offensif, mais il faut aussi du temps pour que l’on trouve nos automatismes avec Cédric (Da Silva, Ndlr). Après, le volley est un sport mental. Nous devons nous stabiliser (…) En revanche, je pense que le public a apprécié, et ça fait aussi partie du boulot » (Wayan Barbier).


SE REMETTRE À L’ENDROIT À HARNES DÈS VENDREDI
Mais pas le temps de trop rabâcher pour des Fréjusiens qui enchaîneront dès vendredi avec une nouvelle traversée de la France jusqu’à Harnes pour le compte de la 3e journée. Dès potron minet ce jeudi matin, les Varois vont rejoindre Aix pour attraper un train qui les emmènera jusqu’à Paris. Avant, à nouveau, de louer des véhicules pour les quelque 200 kilomètres restants jusqu’à Harnes.
Tout là-haut, il faudra continuer d’avancer dans cette saison où l’on s’aperçoit – la lecture des résultats en ces deux journées inaugurales, en est en un premier témoignage, à l’image des belles prestations chalonnaise, rémoise voire rennaise – qu’aucune rencontre « ne sera simple » (Cédric Da Silva) car chaque point, chaque victoire vaudront leur pesant d’or au moment du décompte final.
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