La réception de Martigues, samedi dernier à Fréjus dans le cadre du Challenge Fabiani, aura en parallèle été l’occasion de retrouver un ancien Fréjusien qui a laissé de bons souvenirs dans la cité romaine. Parti ensuite du côté de Martigues, Lucas Soldner n’avait plus remis les pieds à Sainte-Croix depuis ce match de mars dernier.
Fréjus avait alors infligé un clinquant 3-0 aux Martégaux, encaissant là seulement leur 4e revers de la saison. Mais cette défaite –« Mao n’était pas là non plus », rappelle le passeur provençal – aura, à coup sûr, marqué les esprits et pesé dans les têtes, certainement plus qu’il n’y paraissait sur le moment.
La suite, on la connaît. Alors qu’on les voyait se diriger tout droit vers une accession aisée, les Avatiques s’étaient faits doubler dans la ligne droite finale par les Pirates de Royan, laissant l’ascenseur vers la Ligue A monter sans eux…

1. Lucas, comment vas-tu déjà et que peux-tu nous dire sur cette rencontre et ce Challenge Fabiani remportés face aux Fréjusiens, acquise dans le contexte d’un dernier match de préparation bien particulier du fait des absences ?
« C’est évident que l’absence de nos centraux (Weidner bloqué du dos et Fernandez qui a ressenti une douleur au genou à l’échauffement et n’est sagement resté sur le banc) n’est pas la meilleure nouvelle et n’a pas arrangé les choses. Du coup, on a dû composer avec l’apport de Nathan Steffen puis Wayana Barbier qui sont venus nous renforcer dans ce secteur pour le coup.
Après, on demeure une belle équipe, soudée et Fréjus avait également des absences de son côté. Il ne faut pas donner plus d’importance que cela à cette victoire même si, c’est vrai, ils nous avaient offert une meilleure résistance quand on les a joués la semaine dernière (au Tournoi de la Méditerranée, qu’organise chaque année le club martégal, Ndlr).
On les a surtout beaucoup gênés en réception grâce à nos bons services, après c’est plus facile. Et puis, quand on peut compter sur Mao Talia comme il a été encore ce soir, c’est plus facile. C’est ma 3e saison à Martigues et on se connaît vraiment très bien maintenant.
2. Justement, la saison écoulée vous a vus mener la danse dans la course à l’accession la majeure partie de l’année avant de vous faire coiffer par Royan. Comment avez-vous vécu cet échec ?
Je ne vais pas te cacher que ç’a été très compliqué à vivre. On a fait toute la saison en tête et on se fait coiffer à la fin. À titre personnel, mais je crois qu’on a tous partagé cela de la même manière, j’étais vraiment la tête dans le seau. Royan a fait une magnifique fin de saison, nous n’avons pas tenu la distance, c’est tout.

3. Cette année, vous figurez à nouveau et à juste titre parmi les favoris à la montée. Est-ce dans cette configuration que vous abordez cette nouvelle campagne ?
Je ne sais pas si l’on peut dire que l’on est favoris. On est à coup sûr parmi les outsiders et on vise le haut de tableau c’est certain. Maintenant, la saison va être longue et tout peut arriver. On a conservé l’ossature, trouvé deux belles recrues dont un nouveau libero d’excellente facture (Quentin Grosnon, qui arrive d’Ajaccio) pour remplacer Manu Ragondet… Surtout, on est un groupe de mecs qui s’entendent super bien, sur et en dehors du terrain.
C’est ma 3e saison ici et les automatismes sont là. Avec Mao notamment, mais aussi les autres joueurs, complets et centraux…
On ne veut surtout pas se prendre la tête, prendre du plaisir à ce qu’on fait et dans notre jeu. Après, on verra où on cela nous mènera…
On a fait une bonne préparation, on a énormément travaillé et réussi une belle campagne de matches amicaux. Après, on sait parfaitement que cela ne veut rien dire, il y a eu des années où l’on a gagné tous nos matches de préparation mais après, la saison n’est pas au même niveau.
4. À titre personnel, on a pu suivre sur les réseaux sociaux notamment la belle histoire de Léa, ta sœur aînée, qui a mis un terme à sa carrière (*) en mai dernier, nantie d’un titre de championne de France avec Mulhouse. La fête a été belle et les images de celle-ci émouvantes…
Oui, c’est vrai, elle ne pouvait rêver mieux que de partir sur ce triplé. C’est vrai que c’était particulièrement émouvant ce dernier match à l’occasion de la finale retour. Et puis le fait d’arrêter sur cette victoire, devant son public, c’est merveilleux…
En plus, j’ai appris qu’ils allaient lui retirer son maillot et son n°9… C’est la première que cela est fait à Mulhouse. C’est encore plus beau… »

______________________________________________________________________________________________
(*) La libero-capitaine Léa Soldner-Kriszt (30 ans) et le Volley Mulhouse Alsace (qui a succédé en 2022 à l’ASPTT Mulhouse) ont réalisé un magnifique triplé inédit l’an passé : la Supercoupe en début de saison (octobre) face à Paris-Levallois, la Coupe de France (pour la seconde année de rang) contre son voisin de Vandœuvre-Nancy et, enfin, le titre national face à Levallois-Paris, tenant du trophée ! Une performance d’autant plus remarquable que le VMA est le premier à la réaliser, la Supercoupe n’existant pas lors des années dominatrices du RC Cannes.
Léa Soldner, tout comme son frère cadet (27 ans), fidèle à son club de toujours (12 saisons pros depuis 2014), a découvert le volley au club du VBC Kingersheim et n’a donc jamais quitté son Alsace natale. Elle a également été internationale, notamment sacrée meilleure libero et réceptionneuse des Jeux Méditerranéens où la France terminera 4e.
Signe du poids de la (désormais ex-)capitaine mulhousienne, le VMA a vu son maillot et son n°9 retirés et accrochés aux cintres du Palais des Sports en marge du match de championnat contre Terville-Florange.





