On l’a vu lors de l’ultime journée de Ligue B le 15 mai dernier, pour le match de la 33e journée entre le VBC Chalon et le Fréjus Var Volley. Mais, pour tout dire ce jour-là, tout le monde avait une attention plus particulière vers les deux qui allaient arrêter (Sol et Attié) que vers le jeune central de l’équipe bourguignonne, Wayan Barbier, dont on savait pourtant qu’il serait Fréjusien cette prochaine saison.


EN PLEINE LUMIÈRE AVEC LE CFC DE L’ARAGO
Sorti, tout comme Célestin Bergeron, du CFC de l’Arago de Sète – avec lequel il a remporté les phases finales d’Élite Avenir en 2023, les premières sous cette appellation et cette formule qui regroupait tous les CFC de l’hexagone, avant de s’incliner en finale en 2025 face au Tours de Faganas (7e en 2024) –, Wayan Barbier a signé une première année professionnelle encourageante sous les couleurs du promu, le VBC Chalon.
Le natif d’Athis-Mons (le 15 août 2002) n’était pourtant pas spécialement destiné au volley, quand bien même ses père et grand-père aient pratiqué ce sport. « Pour moi, comme pour mon frère et un pote, le volley, c’était surtout l’été, au camping de Calvi. Là, on voulait bouffer le plus possible de volley, constater chaque année nos progrès en détente sèche par rapport au filet. »
Wayan, lui, c’était plutôt le hand, « pratiqué pendant 10 ans. J’avais du potentiel mais je suis resté chez les amateurs, même si j’aurais bien aimé embrasser une carrière pro dans ce sport ». Professionnel, il le deviendra donc mais en volley.
PAS DE TEMPS À PERDRE AVEC LE HAND…
« Au moment du confinement, j’ai de plus en plus pratiqué le volley en salle. Et je sentais bien que mon avenir ne passerait pas par le hand. Je ne voulais plus perdre de temps », poursuit le jeune Francilien, ne manquant pas ensuite de prendre la décision qui s’imposait à lui.
« J’avais eu l’occasion de croiser des Sétois à Calvi, notamment Christophe Lefell (alors adjoint de Luc Marquet avec l’effectif de Ligue A, Ndlr) qui organisait des stages en Corse. Mais c’est grâce au père d’un ami, Tom Picard (également sorti de l’Arago, aujourd’hui à Poitiers après être passé par Toulouse) que j’ai pu intégrer le CFC de Sète. J’avais 19 ans, et c’est là que j’ai véritablement débuté le volley. »

… DONC DIRECTION LE VOLLEY !
Après quatre années dans le Languedoc – « deux ans sans convention, puis les deux suivantes intégré au collectif pro, avec quelques entrées jeu en MSL » –, le capitaine du Centre de formation héraultais, arrivé au terme de ses années de CFC, a donc trouvé place dans le roster de Chalon. Pour une saison « sportivement très difficile. Mais nous étions promus, avec un jeune collectif et heureusement que nous formions un très bon groupe, que nous nous entendions bien… Parce que, quand on enchaîne les défaites, ça peut parfois exploser, rapidement ou sur la longueur. Mais ça n’aura pas été le cas pour nous ».
En Bourgogne, cet athlète qui surveille particulièrement son alimentation – « ça paraît fou mais, à un moment, j’avais pris trop de muscles et, dans un sport comme le volley où on saute, plus on est lourd, moins on saute haut. J’ai donc suivi un régime pour respecter mon poids de forme (95 kg pour 1,95m) » – a terminé 4e meilleur marqueur de son équipe (218 pts, 30 matches), derrière le pointu, futur Toulousain, Cyril Larrieu, les deux récep’-attaquants Provensi et Stepnov, mais devant le nouveau joueur de Hyères-Pierrefeu-La Londe, Valentin Wang-Si.
Surtout, le central aura attaqué sans laisser trop de déchets (61% de réussite dans ce domaine), ajoutant près de 4 blocks de moyenne par match. Au Fréjus Var Volley, dans un secteur délaissé par l’arrêt de Jean-Philippe Sol et le départ de Romain Brégent, il devra faire sa place face à un David Mexson, signé deux ans mais qui devra montrer d’autres choses ou un Nathan Steffen qui a su saisir sa chance lorsque l’on lui a donnée.

L’OCCASION DE FRANCHIR UN NOUVEAU CAP À FRÉJUS
Même pas peur, Wayan. « J’ai eu l’opportunité de découvrir le milieu pro et la Ligue B à Chalon. Mais je voulais franchir un cap et jouer dans une top-team de la division. Fréjus faisait partie de ces clubs et, dès les premiers contacts avec Loïc (Geiler, coach est-varois, Ndlr), qui doivent remonter au mois de janvier, puis avec les dirigeants, je savais que signer ici correspondait totalement à mes attentes. »
Dans le club de la cité romaine, à un âge (24 ans) où d’autres ont une carrière déjà avancée, le Francilien fera en quelque sorte figure de jeune prospect, en ce sens qu’il n’a encore que peu de volley derrière lui. Mais il se montre ambitieux et volontaire. « J’ai continué à m’entretenir physiquement, je n’ai pas coupé et là, j’attends de connaître mon programme, j’ai une visio avec le préparateur physique cette semaine. »


UNE PLACE À SE FAIRE
DANS LA ROTATION AU CENTRE
Celui qui a passé à huit reprises la barre des dix points la saison écoulée – avec une perf’ à 16 points à 80 % et 2 blocks contre Cambrai en décembre – sait débarquer dans un club en appel après sa campagne ratée cette année. « Fréjus visera haut cette année, et c’est justement ce que je recherche, j’adhère donc pleinement à ce projet. Et j’entends bien faire ma place, trouver une place de titulaire et grimper dans la hiérarchie des centraux de la ligue. »
Dans un secteur « exigeant physiquement et qui n’est pas nécessairement dans la lumière », nous disait encore il y a peu cap’tain “Pej“, Wayan Barbier entend bien se faire une place au soleil azuréen.




