

C’était une probabilité de plus en plus prégnante. Ou encore, autrement dit, une lapalissade. Plus la saison avançait, plus la perte d’un set (en championnat s’entend) approchait. Plus la saison avançait, plus la première défaite devait arriver.
LE COUP DE GLACE !!!
En revanche, il n’était pas attendu, quand bien même le thermomètre flirtait avec les 0° au dehors, que Saint-Quentin glace autant l’ambiance avec une victoire aussi large (3-0 à 1ç, 21, 19)… sauf pour la poignée de courageux supporters descendus en train des Hauts-de-France pour venir soutenir les leurs.
Un collectif de Saint-Quentin qui, à la limite, n’en avait pas besoin ce samedi soir, tant la différence entre les deux protagonistes était tellement flagrante. Alors oui, les Nordistes ont eu beaucoup, beaucoup de réussite, à l’image de toutes ces mises en jeu frappant la bande du filet mais retombant bien dans le camp varois.
LE ROSTER SAINT-QUENTINOIS
INDISCUTABLEMENT AU-DESSUS
Saint-Quentin, c’est Julien Faganas, un pointu qui a encore signé 23 points dans cette rencontre (10 dans le set inaugural), le tout àv 70 % ( ! ).
Saint-Quentin, c’est un secteur central fait d’une énorme expérience, celle de l’Estonien Ardo Kreek – « qui lisait parfaitement tout ce que j’allais faire », dira Malo Foncarnier à son sujet – et du punch du Hongrois Péter Boldizsar (7 points, une grosse défense et deux aces).
Saint-Quentin, c’est un passeur, Eliot Coulet qui n’aura eu de cesse de distribuer des caviars à ses attaquants, Faganas bien sûr (le jeune pointu sait ce qu’il doit à son passeur), mais aussi le Brésilien De Almeida et son alter ego, le “fils de“, Ino Dukic, pointu avec l’équipe de France U19 championne du monde l’été dernier, passé en 4 (un desiderata de son père de coach, Dario, qui connaît “un petit peu“ le volley).
Bref, Saint-Quentin, c’est fort, sans conteste le meilleur collectif vu à Sainte-Croix et, autre constat implacable, « la plus forte équipe qu’on ait eu à affronter jusque-là », reconnaissaient de concert et sans se cacher les Fréjusiens.

SATANAS, C’EST FAGANAS !!!
Alors, oui, Saint-Quentin a eu cette chance, celle qui sourit aux audacieux et aura fui des Fréjusiens apparus fragiles et fébriles, loin en tout cas de « l’agressivité » que souhaitait le coach Loïc Geiler. Fréjus samedi, c’était un frêle agneau qui aura été mangé par un loup même pas féroce, mais qui aura simplement su montrer les dents quand il le fallait.
Déficients dans le service-récep’, au contraire de leurs vis-à-vis – « Coulet a distribué dans un fauteuil » constatera le capitaine Jean-Philippe Sol –, mis sous pression « comme jamais encore cette année », les Fréjusiens auront subi dans tous les domaines. À l’image de cette fin de premier set avec cinq services longs ou “out“ pour passer de 15-20 à 19-24, avant qu’un ace de l’inévitable Faganas ne scelle cette première manche… et déjà un peu le match.
CHALLENGE VIDÉO : LA BATAILLE
Car les deux sets suivants n’allaient être que copie conforme du premier, avec des Axonais qui, sans être géniaux mais avant tout efficaces, n’ont cessé de maintenir leurs hôtes la tête sous l’eau, ou tout juste à la ligne de flottaison… Insuffisant pour renverser le cours d’un match où l’on sentait les Azuréens inexorablement impuissants. Et pis, incapables de se révolter, y compris face aux injustices d’un corps arbitral aux décisions parfois pour le moins bizarres, à tel point que les deux coaches eurent souvent recours au Challenge Vidéo pour vérifier des prises de décisions posant question. Un outil toujours utilisé à bon escient par jouer Dario Dukic et ses joueurs, et « ça nous a tués, concédait d’ailleurs Théo Conré. Enfin, plus exactement, eux ont su faire fi de cela, pas nous. »

MALCO GHIO, UNE BLESSURE ÉTRANGE
Même avec son libero habituel Malco Ghio – opéré ce samedi d’un souci sur le tibia qui s’est aggravé en quelques heures, puisque son forfait, fortement pressenti jeudi, n’a été confirmé que vendredi –, Fréjus n’aurait pu ce funeste destin. Tout juste « aurait-il permis une rotation supplémentaire sur les attaquants », Raphaël Attié – qui a souvent dépanné à ce poste par le passé et n’a pas forcément manqué ce match – ne pouvait être cet attaquant supplémentaire qui pouvait venir suppléer Conré ou Foncarnier.
Nonobstant encore l’absence d’un Melvin Ebagne, présent sur la feuille de match, mais il n’était « pas question que je rentre, rien que récupérer le ballon sur l’échauffement des gars, j’ai ressenti une douleur à la fin », avec un genou sur lequel il semble bien difficile de poser un diagnostic pour l’instant.
UNE BONNE CLAQUE QUI FERA PEUT-ÊTRE DU BIEN
Bref, Fréjus était par trop démuni samedi soir. Mais pas seulement. Après, « pas question d’être frustrés » (Foncarnier), « ils sont allés chercher leur chance » (Conré), « il fallait que ça arrive (sous-entendu, cette première défaite, Ndlr), on était peut-être un peu trop haut » (Sol)… Pour tous, y compris pour le président Alexandre Bonnard (« ils étaient clairement au-dessus, on n’a pas joué avec nos forces, on la bien pris en pleine face ») et le coach Loïc Geiler, « il n’y a pas de regrets à avoir, on s’est faits “défoncer“… »
Le Fréjus Var Volley est redescendu de son nuage, c’est un fait. Et peut-être cette lourde punition s’avérera-t-elle salvatrice sur les matches à venir et la réaction des Varois.
Ce sera peut-être dès ce lundi, à 20h, toujours à Sainte-Croix, toujours face au SQVB, mais pour le compte des 8es de finale de la Coupe de France cette fois.
Demain déjà… Demain, un autre jour…






